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Stéphane Garneau
Audio fil du mardi 10 septembre 2019

Gilles Leroy, le romancier qui aime les personnages peu aimables

Publié le

Un homme sourit à la caméra.
Gilles Leroy   Photo : Associated Press / FRANCOIS MORI

« J'avais ce souhait de raconter la façon dont on expulse un gamin parce qu'il est homosexuel », explique Gilles Leroy à Marie-Louise Arsenault. Le désarroi d'une mère qui met à la porte son fils de 15 ans par une journée de blizzard est au cœur du Diable emporte le fils rebelle, le dix-septième roman de l'auteur, qui souhaite « regarder les êtres jusque dans leur noirceur ».

Le romancier préfère dépeindre la vie d’hommes et de femmes qui ne sont pas aimables, et qui sont bien souvent rattrapés par la classe sociale dont ils sont issus.

C’est par les mots qu’on peut faire passer l’humanité d’un personnage qui est d’une grande cruauté.

Gilles Leroy, romancier

Le récit d’une mère qui va jusqu’à brûler les vêtements de son fils pour l’effacer de sa vie est aussi celui d’une femme qui vivote d’un emploi à l’autre et qui fait les frais de la misère qui ronge l’Amérique. L’intérêt de Gilles Leroy pour les laissés pour compte américains constitue d’ailleurs une façon pour lui d’envoyer une mise en garde à ses camarades français.

L’Amérique est un miroir que je tends à la France pour lui montrer ce qui la guette.

Gilles Leroy, romancier

Gilles Leroy annonce d’ailleurs que ce sujet et l’histoire de Lorraine et d’Adam auront une suite dans un deuxième livre, si ce n’est un troisième, surtout consacré au destin du fils.

Montage du visage de Gilles Leroy, accompagné de la citation : « J’aime bien dans mes romans qu’il y ait quelque chose d’inconfortable. »
Gilles Leroy Photo : Radio-Canada

Le Diable emporte le fils rebelle, Gilles Leroy, Mercure de France, 2019
Résumé de l'éditeur : Lorraine, son mari et leurs quatre fils vivent sur une ancienne friche d’une ville du Wisconsin. La jeune mère se tue à la tâche et n’a, pour tenir, que Dieu et les cachets. Elle doit aussi affronter sa bête noire, Adam, le fils aîné réfractaire. L’adolescent sort à peine de détention qu’une rumeur s’en prend à sa sexualité. Lorraine n’a plus qu’une obsession : sauver le reste de sa famille.

Cinq livres incontournables

Au cours de cette rencontre avec Marie-Louise Arsenault, Gilles Leroy en profite pour recommander cinq livres à lire au cours d’une vie.

Le rouge et le noir, de Stendhal
Ce roman a convaincu Gilles Leroy de devenir écrivain. Il l’a lu à 11 ans, en une nuit et une journée. « Je ne pouvais pas en sortir, j’étais vraiment transporté. […] J’ai eu ce sentiment que la vérité du monde était là, dans les mots [de ce roman] », raconte l’écrivain de 60 ans.

Le temps retrouvé, de Marcel Proust
Gilles Leroy l’a lu une première fois de manière incomplète, vers 17 ans, mais l’a recommencé et l’a terminé à 20 ans : « Proust, c’est une aventure merveilleuse que je souhaite à tout le monde. Je veux sortir Proust du côté universitaire, poussiéreux et ennuyeux qu’on lui accorde. […] C’est un monde incroyable qu’il décrit, avec beaucoup de transgressions. »

Lumière d’août, de William Faulkner
C’est grâce à ce roman que Gilles Leroy a fait connaissance avec la culture américaine, qui influence son œuvre depuis. Il l’a lu 10 ans après avoir lu Stendhal, et a vécu un choc : « C’est un rapport aux êtres, dans la cruauté, d’une intelligence inouïe. »

Le journal de Sarashina, de Sugawara No Takasue No Musume
Ce sont les magnifiques journaux d’une courtisane de cour. Elle ne peut pas vivre d’histoires d’amour, mais envoie des haïkus à un homme pendant des années sans jamais consommer une relation, selon ce qu’explique l’écrivain.

Blonde, de Joyce Carol Oates
Ce roman s’inspire de la vie de Marylin Monroe. « C’est un condensé de la culture américaine. Joyce Carol Oates, pour moi, est une immense écrivaine. Je ne comprends pas qu’elle n’ait pas eu le Nobel », fait remarquer Gilles Leroy.

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