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Stéphane Garneau
Audio fil du samedi 22 juin 2019

Le cycle de la vie et de la mort, selon Michel Onfray

Publié le

Devant un fonds noir, il se tient debout, les bras croisés.
Le philosophe français Michel Onfray   Photo : AFP / Getty Images / Joel Saget

Dans l'un de ses derniers ouvrages, le philosophe et essayiste français s'est lancé à la recherche de ce qui donnait la force à son père agriculteur, « un philosophe sans le savoir ». Décédé depuis quelques années, cet homme vivait très proche des cycles de la nature. Dans cette deuxième partie d'une grande entrevue au micro de Stéphan Bureau, Michel Onfray explique que nous définissons nous-mêmes notre rapport à la mort, à l'amour, à la souffrance et à la quête du bonheur.

« C'est peut-être mon premier vrai livre, raconte Michel Onfray à propos du premier tome de sa série Brève encyclopédie du monde. Il en a publié trois tomes jusqu'à présent et en promet encore trois autres.

Cet intellectuel français est à la recherche d'une manière plus authentique de réfléchir à notre conception du monde. Depuis la Renaissance, nous assistons au déclin d'une civilisation dominante : la raison remet graduellement en question la place de la religion.

« C'est le début de la fin, explique-t-il. Quand on commence à dire que la raison doit pouvoir fonctionner, on met le loup dans la bergerie. »

Il faut donc, selon lui, entamer la réflexion sur ce que sera la civilisation future.

Le philosophe dit être retourné vers les penseurs préchrétiens, en particulier vers les Romains, pour tenter de forger une philosophie postreligieuse qui devrait succéder à la période actuelle. À la différence des philosophes grecs, animés par la réflexion pure, les philosophes romains partageaient le désir d'atteindre aussi une pratique de la bonté, selon lui.

Nous sommes dans une époque où nous n'exerçons plus la volonté et sommes dans la démission.

Michel Onfray, philosophe
Devant public, il est assis derrière une table avec une nappe rouge.
Un atelier de Michel Onfray à Hérouville-Saint-Clair, dans le nord-ouest de la France, à l'occasion de l'Université populaire de Caen en 2011 Photo : AFP/Getty Images/Kenzo Tribouillard

Selon le philosophe, la mort ne devrait pas être quelque chose de compliqué. « Le problème, c'est l'idée qu'on se fait de la mort », rappelle-t-il en citant Épicure.

Son père, « un stoïciste qui s'ignorait », possédait une force qu'il lui a transmise. Michel Onfray est parti à la recherche de celle-ci à travers l'écriture. Son père vivait son bonheur simplement, selon l'auteur : en accord avec la nature et la raison.

Il avait un rapport direct au monde; j'ai eu un rapport indirect au monde.

Le philosophe Michel Onfray à propos de son père

« J'ai bien conscience de vivre une vie privilégiée », rappelle celui qui a publié une centaine de livres; il n'a pas de patron et ne fait que réfléchir et discuter sur le monde. Michel Onfray espère tout de même un jour prendre un temps pour s'arrêter et apprécier plus souvent les choses simples, comme les couchers de soleil.

« L'essentiel [des êtres vivants] est commun : c'est le cycle de la vie et de la mort », rappelle-t-il.

Assis vêtu d'un manteau noir, il porte des lunettes noires et des cheveux grisonnants.
L'intellectuel français Michel Onfray Photo : AFP/Getty Images/Kenzo Tribouillard

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