Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Stéphane Garneau
Audio fil du lundi 17 juin 2019

Mexique : les leçons de l'élection de Donald Trump, selon Andrés Rozental

Publié le

Des employés avec un casque sur la tête et des habits blancs travaillent dans une usine devant trois carrosseries de voiture.
Des employés au travail dans une usine de voitures appartenant à Honda dans l'État mexicain de Guanajuato, au centre du pays.   Photo : Associated Press / Eduardo Verdugo

Les dirigeants mexicains croyaient, tout comme ceux du Canada, que l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) était là pour de bon. Donald Trump a plutôt décidé de déchirer l'entente tripartite pour des raisons électorales, selon Andrés Rozental, diplomate de carrière et négociateur du premier traité. « Comme le Canada, nous sommes en train d'essayer de diversifier encore plus nos exportations et investissements », explique-t-il.

« On croyait au Mexique, et je crois qu'au Canada c'était la même chose, qu'on avait abouti à un accord qui pourrait durer indéfiniment. Et on s'est rendu compte que non, ce n'était pas exactement le cas », explique Andrés Rozental, nommé officier de l'Ordre national du Québec en 2009 pour sa contribution aux relations entre la province et le Mexique.

Environ 80 % des exportations mexicaines sont acheminées vers le pays de l'oncle Sam. L'économie du pays est dépendante de ses exportations vers les États-Unis depuis des décennies, bien avant les récents accords commerciaux.

Une version écourtée de cette entrevue avec Andrés Rozental a été diffusée le 28 avril à l’émission Désautels le dimanche dans la série « Le Mexique, entre l'ombre et la lumière », sur ICI Radio-Canada Première.

« En 1917, les exportations vers les États-Unis étaient de 83 %, dit-il. Ce qui a changé, c'est que le monde est beaucoup plus grand. »

« Le secteur privé mexicain, notamment, fait un effort très important pour chercher de nouveaux marchés », affirme ce spécialiste des relations interaméricaines.

Les deux hommes sont assis face à face dans des fauteuils rouges.
Michel Désautels s'est entretenu avec Andrés Rozental dans son bureau de la capitale mexicaine en mars 2019. Photo : Radio-Canada/Yves de Vathaire

En plus de l'Europe et de l'Amérique latine, le plus important pays hispanophone de la planète exporte aussi maintenant vers l'Asie. Par contre, bien que cette diversification soit salutaire, les États-Unis vont demeurer longtemps, selon lui, le principal partenaire d'affaire du Mexique.

Depuis l'entrée en vigueur de l'ALENA en 1994, le secteur industriel s'est grandement développé au Mexique. L'agriculture a, pour sa part, continué à perdre des plumes. Ce secteur représente aujourd'hui seulement de 10 % à 20 % de l'économie du pays, selon M. Ronzental.

Le voisinage, c'est un avantage énorme, en coûts de transport, en horaires, enfin, tout nous pousse vers les États-Unis.

Andrès Rozental, diplomate et l'un des négociateurs de l'ALENA pour le Mexique
Les bras croisés, il parle assis à son bureau situé devant trois fenêtres.
Le président américain lors d'une annonce concernant les négociations sur le nouvel accord de libre-échange entre le Mexique, le Canada et les États-Unis le 27 août 2018. Photo : Reuters/Kevin Lamarque

Un nouvel accord avec des failles

Le nouvel accord qui a été négocié est moins intéressant que l'ALENA, selon l'ancien ambassadeur du Mexique en Suède et au Royaume-Uni. D'ailleurs, l'intégration économique est si grande que, même si l'ALENA avait été résilié sans nouvel accord, les trois pays auraient pu continuer à faire des affaires sous l'égide d’autres accords déjà existants, comme celle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

« Le secteur privé des trois pays a déjà ses habitudes et voit notre région comme une seule région, raconte-t-il, surtout l'automobile, mais pas seulement. »

Découvrez notre série sur le Mexique, réalisée par l'équipe de Désautels le dimanche.
Découvrez notre série sur le Mexique, réalisée par l'équipe de Désautels le dimanche. Photo : Radio-Canada

Le Mexique et le Canada, des liens à solidifier

Depuis de nombreuses années, M. Rozental travaille à rapprocher les deux plus grands partenaires commerciaux des États-Unis, le Mexique et le Canada. « La communication entre le Mexique et le Canada laisse encore beaucoup à désirer », croit-il, en particulier lors des rencontres internationales.

Aussi, les relations entre les citoyens des deux pays pourraient être plus grandes. Il voit d'ailleurs d'un bon œil l'ouverture récente par le quotidien The Globe and Mail de Toronto d'un bureau dans la capitale mexicaine. C'est le premier média canadien à s'y installer. Aucun média mexicain n'a de correspondant au Canada.

« On ne se connaît pas très bien, explique-t-il, il y a encore beaucoup de travail à faire. »

Andres Rosenthal dans son bureau.
L'ex-diplomate et ambassadeur mexicain Andres Rosenthal, interviewé par le journaliste Michel Désautels. Photo : Radio-Canada/Yves de Vathaire

Chargement en cours