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Stéphane Garneau
Audio fil du samedi 15 juin 2019

Michel Onfray n'a plus peur de rien

Publié le

Il parle devant un micro.
Michel Onfray lors d'un atelier de l'Université populaire de Caen le 28 novembre 2011.   Photo : AFP / Getty Images / Kenzo Tribouillard

Les décès rapprochés du père et de la compagne depuis 37 ans du philosophe français Michel Onfray l'ont complètement dévasté. Pour reprendre goût à la vie, ce dernier a dû faire le deuil d'une forme de mélancolie, comme le raconte l'un de ses livres. Cela lui a aussi permis de relativiser certaines choses. « On hérite d'une force terrible » lorsqu'on n'a plus peur de rien, explique-t-il dans la première de deux entrevues d'une heure au micro de Stéphan Bureau.

Michel Onfray est un philosophe qui n'aime pas l'université. Pendant 20 ans, il a plutôt enseigné dans un collège technique à de futurs coiffeurs ou comptables. « J'avais envie d'être un homme libre », dit-il.

En plus d'avoir publié une centaine de livres, il a aussi lancé en 2002 l'Université populaire de Caen en France. Un énorme succès.

Né en 1959, l’écrivain raconte que son père, un ouvrier agricole, ne lui a jamais menti et n'a jamais été grossier avec lui. « Mon père m'a donné des leçons de philosophie sans avoir été philosophe », dit-il aujourd'hui.

Les valeurs – le bien, le mal, le vrai, la beauté, l'amour, l'amitié, etc. –, je pense que ça concerne tout le monde et, en ce sens, la philosophie que je dirais pratique, elle est éminemment utile.

Michel Onfray, philosophe et auteur
French philosopher Michel Onfray (R) speaks to children in the Casbah of Algiers on November 2, 2011. AFP PHOTO / FAROUK BATICHE        (Photo credit should read FAROUK BATICHE/AFP/Getty Images)
Michel Onfray discute avec des jeunes filles dans les rues d'Alger en 2011. Photo : AFP/Getty Images/Farouk Batiche

Aujourd'hui, à l'image de son père, il creuse son sillon avec les idées qu'il transmet dans ses entrevues ou ses ouvrages. « Il faut que [le sillon] soit droit, mais le reste, ça m'est égal », explique-t-il.

À l'inverse, il a longtemps entretenu un rapport ambigu avec sa mère, qui aurait été mythomane.

Je n'ai pas par hasard ce rapport historique avec la vérité. J'ai du mal avec le mensonge; j'ai du mal avec le travestissement; j'ai du mal avec l'injustice parce que, effectivement, ma mère représente tout ça.

Michel Onfray, philosophe et essayiste

Pendant sept ans, il a accompagné sa femme dans ses traitements contre le cancer. Elle est morte en 2013, quatre années après son père. Ces épreuves derrière lui, il se moque aujourd'hui de ce que les gens pensent ou disent sur lui : « Devant la mort de quelqu'un qu'on aime, rien ne tient le coup ».

« Quand mon père est mort, il m'a transmis une espèce de force », se souvient-il. Le philosophe se sent maintenant l'obligation d'être à la hauteur de ses proches disparus et de poursuivre sa passion pour l'écriture et sa réflexion sur le monde.

« Je vous assure que lorsque je me mets à mon bureau et [...] que je me dis que j'ai la journée pour ça, c'est un vrai bonheur, raconte-t-il. On m'assurerait aujourd'hui que mes textes ne seraient plus jamais publiés que j'écrirais encore. »

Il est assis sur un fauteuil avec des feuilles à la main.
Le philosophe Michel Onfray (à gauche) discute avant l'ouverture de l'Université populaire de Caen, à Hérouville-Saint-Clair, dans le nord-ouest de la France, Photo : AFP/Getty Images/Charly Triballeau

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