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Stéphane Garneau
Audio fil du lundi 27 mai 2019

Le Mexique pluriel, selon Ricardo Raphael

Publié le

Des papiers découpés multicolores tendus au-dessus d'une rue.
Drapeaux de papier au-dessus d'une rue de San Miguel de Allende au Nord de la ville de Mexico.   Photo : Getty Images / iStock / William Zinn

Depuis longtemps, le principal problème du Mexique est celui des inégalités, selon le journaliste, universitaire et auteur Ricardo Raphael. Il précise que le nouveau président, élu avec une forte majorité, promet de s'y attaquer, et des changements culturels importants s'opèrent déjà depuis quelques années. « C'est une population qui veut voir l'avenir », explique-t-il dans ce long entretien avec Michel Désautels enregistré à Mexico.

Avec plus de 110 millions d’habitants, le Mexique est le 11e pays le plus populeux de la planète. Du nord, où les liens avec les États-Unis sont historiques, jusqu’au sud, où une population autochtone se bat pour la reconnaissance, les réalités sont extrêmement différentes. Pourtant, le Mexique s’est longtemps perçu à travers le prisme monolithique de sa capitale, Mexico, centre économique, médiatique et culturel du pays.

Devant une bibliothèque, il est assis et parle au micro.
Le journaliste et auteur Ricardo Raphael à son bureau dans la capitale mexicaine. Photo : Radio-Canada/Yves de Vathaire

« Le Mexique est en train de contempler son image dans un miroir, explique Ricardo Raphael, et celle-ci n’est plus homogène. Elle n’a jamais été homogène, mais c’est ce qu’on croyait. »

Une version écourtée de cette entrevue avec Ricardo Raphael a été diffusée le 21 avril à l’émission Désautels le dimanche dans la série Le Mexique, entre l'ombre et la lumière, sur ICI Radio-Canada Première.

Pendant longtemps, beaucoup ont ainsi cru qu'il n'y avait qu'une seule religion et une seule manière valable de concevoir la famille. C’est aussi un parti unique qui y a contrôlé la politique durant la vaste majorité du vingtième siècle. Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) a commencé à perdre son emprise sur le pouvoir à partir de 1997, et des changements culturels majeurs se sont opérés depuis.

Des Mexicains sont vêtus de costumes autochtones traditionnels.
Des Mexicains prennent part à des danses préhispaniques pour célébrer la fondation de Mexico, connue sous le nom de Tenochtitlan, sur cette photo d'archive datant de 2012. Photo : Reuters/Edgard Garrido

« C’est la jeunesse qui a du poids », explique celui qui dirige le Centre culturel universitaire Tlatelolco de Mexico. « On voit une culture qui est en train de se refaire. Elle n’est pas à l’écart du passé, mais on ne pourrait pas dire qu’elle est fixée sur le passé. C’est une population qui veut voir l’avenir. »

Le pays est donc « fâché de constater ces inégalités », selon lui. Les gens pauvres sont incapables de se sortir de cette pauvreté dans un système économique toujours appuyé sur une discrimination. « Il n’y a pas de mobilité sociale. »

La migration est en train de casser cette structure inégale que l’État mexicain n’a pas été en mesure de résoudre.

Ricardo Raphael, journaliste et auteur mexicain
Découvrez notre série sur le Mexique, réalisée par l'équipe de Désautels le dimanche sur ce pays aux contrastes extrêmes.
Une série de Désautels le dimanche sur ce pays aux contrastes extrêmes, qui est en éternelle transformation. Photo : Radio-Canada

Selon lui, les disparités culturelles sont même à l’origine des disparités économiques. Le sexe, l’origine ethnique ou la religion sont très efficaces pour créer des barrières, que ce soit dans les soins de santé, les services bancaires ou même à l’école. Encore aujourd’hui, seulement 4 femmes sur 10 ont un emploi à temps plein. « La principale disparité au Mexique, ce n’est pas l’âge, c’est le sexe. »

« Le Mexique est un Mexique pluriel, conclut Ricardo Raphael. Il s’est déjà reflété dans ce miroir pluriel. Il n’y a plus possibilité de marche arrière! »

Devant une bibliothèque, les deux hommes sont assis à une table où sont disposés des micros.
Le professeur et journaliste Ricardo Raphael au micro de Michel Désautels dans son bureau de Mexico. Photo : Radio-Canada/Yves de Vathaire

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