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Stéphane Garneau
Audio fil du mercredi 15 mai 2019

Charles Tisseyre : la science au secours du climat

Publié le

Il parle derrière un micro noir dans un studio radio.
Le journaliste et animateur Charles Tisseyre   Photo : Radio-Canada / Julien Lamoureux

Dans une entrevue d'une heure avec Franco Nuovo, le célèbre animateur revient sur son enfance et son rigoureux travail à Radio-Canada depuis plus de 40 ans. Celui qui a voué la majeure partie de sa carrière au journalisme scientifique rappelle aussi qu'une solution fiable existe pour contrer une grande partie de la production mondiale de gaz à effet de serre : les centrales nucléaires.

« J’ai été très chanceux parce que mes parents s’aimaient », raconte Charles Tisseyre à propos de son enfance avec son père, Pierre Tisseyre, éditeur, et sa mère, Michelle Tisseyre, célèbre journaliste et animatrice à la radio et à la télévision. « J’adorais ma mère, donc j’étais très fier d’elle. »

Charles Tisseyre montre la statuette qu'il a remportée dans la salle de presse.
Charles Tisseyre, de Découverte, a remporté un deuxième Artis de suite dans la catégorie « animateur d'émissions d'affaires publiques » le 12 mai 2019 Photo : La Presse canadienne/Graham Hughes

Avant sa carrière de journaliste, Charles Tisseyre se destinait plutôt au métier d’acteur.

Diplômé en droit pour plaire à son père, il a passé une première audition désastreuse comme présentateur à Radio-Canada au début des années 1970. À la suite de cet échec, il a joint une troupe de théâtre amateur. Pour subvenir à ses besoins financiers, il a repassé une deuxième audition auprès du diffuseur public. « [À ce moment], je m’en fous, je veux être comédien », se rappelle-t-il.

Il a pourtant réussi cette deuxième tentative haut la main. Radio Canada International (RCI) l'a accueilli en 1974 et il y a développé sa passion pour le journalisme.

Charles Tisseyre a été, entre autres, annonceur-réalisateur pour cette radio qui diffuse des émissions dans plusieurs langues sur les ondes courtes. Il relevait du service en français, qui s’adresse à un public surtout européen et africain.

Il est nommé journaliste en 1978 à la salle de nouvelles de Radio-Canada, où il a graduellement proposé des sujets liés à l'actualité scientifique, à commencer par un reportage sur la construction du bras spatial canadien à Sainte-Anne-de-Bellevue.

Vêtu d'un complet-cravate, il sourit vers la caméra.
Charles Tisseyre alors qu'il animait Le téléjournal le 1er décembre 1990 Photo : Radio-Canada/Téléjournal

« La technologie avait une place importante dans nos vies, j’étais captivé, se souvient-il. Rapidement, j’ai commencé à essayer de faire de la nouvelle scientifique. »

Il a animé par la suite les journaux télévisés Montréal ce soir, puis Le téléjournal les fins de semaine. En 1992, il a commencé à animer l’émission de vulgarisation scientifique Découverte, qu’il anime encore tous les dimanches soir sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé.

Il a couvert, entre autres, les manifestations de la place Tiananmen en Chine, la crise du verglas au Québec et les lancements des navettes spatiales transportant les astronautes canadiennes Roberta Bondar et Julie Payette.

J’ai adoré ma carrière, ça a passé en un clin d’oeil. Quand j’y repense, c’est sans fin les souvenirs que je peux avoir.

Charles Tisseyre, journaliste et animateur
Les deux hommes sont côte-à-côte et regardent la caméra.
Le fils de Charles Tisseyre, Charles-Alexandre Tisseyre (à droite), est aussi chef d'antenne du Téléjournal Est-du-Québec en semaine sur ICI Radio-Canada Télé. Photo : Radio-Canada/Étienne Côté-Paluck

Le nucléaire pour limiter les changements climatiques

La crise liée aux changements climatiques met en péril l'avenir de l'humanité, selon Charles Tisseyre. Le journaliste demeure cependant optimiste, à condition que des mesures sérieuses soient prises pour contrer les gaz à effet serre. Il explique que 40% des émissions mondiales de ces gaz proviennent de la combustion du charbon. Comme le suggérait un éditorial de la revue Science dernièrement, l’énergie nucléaire est, selon lui, la solution idéale pour remplacer les centrales au charbon.

« Les gens ont peur du nucléaire à cause des accidents, se désole-t-il. Je pense que l’humanité peut s’en sortir [à long terme], mais ça va passer par un retour au nucléaire. »

Il rappelle que les centrales nucléaires produisent 75% de l’électricité en France et que ce pays n’a jamais connu de grandes catastrophes. L’Ontario, avec sa quainzaine de réacteurs nucléaires, a aussi réussi à éliminer l’ensemble de ses centrales au charbon.

Il faudrait tout de même, selon lui, accentuer la recherche dans ce domaine, entre autres pour mieux limiter ou recycler les déchets radioactifs.

Si l’on ne revient pas au nucléaire, je suis très inquiet pour notre planète.

Charles Tisseyres, journaliste scientifique et animateur

Selon lui, il est important de développer les autres énergies vertes comme le solaire ou l’éolien afin qu’elles puissent éventuellement remplacer toute la production énergétique. L’énergie nucléaire demeure toutefois, à l'extérieur du Québec, une technologie déjà éprouvée et efficace à court terme pour remplacer les centrales au charbon qui émettent beaucoup de polluants atmosphériques.

« Le charbon tue 200 000 personnes par année dans le monde à cause des maladies pulmonaires, ajoute-t-il. On ne s’en soucie pas de ça. Je pense qu’il va falloir qu’on mette nos émotions de côté et qu’on regarde rationnellement le problème. »

Le Téléjournal de Montréal : Est-ce que les réchauffements climatiques contribuent à la création d'ouragans de plus en plus violents? Une entrevue avec Charles Tisseyre.

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