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Stéphane Garneau
Audio fil du samedi 4 mai 2019

Le vaccin contre le cancer du Dr Claude Perreault

Publié le

Le médecin sourit à la caméra
Le Dr Claude Perreault, spécialiste du système immunitaire   Photo : Radio-Canada / Christian Côté

En décembre dernier, le chercheur Claude Perreault annonçait la mise au point, avec son équipe de l'Université de Montréal, d'un nouveau vaccin thérapeutique contre le cancer. « On veut un traitement qui soit utilisable par tout le monde et qui soit peu coûteux », explique à Stéphan Bureau le cofondateur de l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC). À moins d'un problème majeur, toujours très probable, les tests chez les humains pourraient commencer d'ici trois ans.

« Cela dit, règle générale, les choses sont [souvent] plus compliquées qu’on l’avait prévu », ajoute-t-il d’emblée.

La diversité génétique des humains est, selon lui, l’obstacle qui pourrait ajouter des délais à cette quête pour un vaccin curatif contre le cancer.

« Il faut s’attendre [au départ] à ce que notre traitement soit plus efficace chez certains individus, et moins chez d’autres », explique-t-il.

Représentation d'une double hélice d'ADN en glace.
Le séquençage du génome humain, de 1990 à 2000, a révolutionné une grande partie de la recherche en médecine. Photo : Getty Images/polesnoy

La boîte de Pandore du séquençage de l’ADN humain

La fin du séquençage complet du génome humain en l’an 2000 a permis de comprendre toute la complexité de certaines maladies. Il a aussi permis, selon le cancérologue, de remettre en question une grande partie de ce qui était considéré comme normal en médecine.

Auparavant, la croyance était que, par exemple, quelques gènes seulement étaient responsables des cellules cancéreuses, alors qu’il s’agit plutôt d’une combinaison polygénique complexe.

Aussi, un vaccin devra être mis au point contre chaque type de cancer, et peut-être même selon le profil génétique de chaque personne. « On ignore combien on aura besoin de vaccins. »

La force du système immunitaire

Les chercheurs de l’IRIC ont découvert, dans ce qui a longtemps été considéré une partie inutile de l'ADN, un élément qui lutte contre les cellules cancéreuses.

De ce fait, ils ont réussi à démontrer que les cellules immunitaires, les lymphocytes, sont suffisantes pour guérir un cancer.

Il y a de plus en plus de preuves que le système immunitaire peut éliminer des cellules cancéreuses.

Dr Claude Perreault, cancérologue de l’Université de Montréal

La plupart des cellules cancéreuses dans le corps humain seraient déjà éliminées par le système immunitaire avant même l’apparition d’un cancer. « Le cancer serait beaucoup plus fréquent si notre système immunitaire ne fonctionnait pas normalement », raconte ce pionnier de la greffe de moelle osseuse au Québec.

Un homme dans un laboratoire de recherche regarde un journaliste lors d'une entrevue.
Claude Perreault a quitté la pratique de la médecine à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont l’année dernière pour se consacrer entièrement à cette recherche. Photo : Radio-Canada

« Le système immunitaire est le système qui vieillit le plus rapidement dans notre organisme, explique-t-il. Jusqu’à 40-50 ans, ce n’est pas un problème : on a encore des réserves, mais la diminution de la fonction thymique après la cinquantaine devient problématique. »

Il suffirait donc, comme l’a prouvé la recherche du DPerreault, d’aider ce système à mieux identifier l’anormalité des cellules cancéreuses qui se développent en cancer pour que le corps humain s’attaque de lui-même à celles-ci.

« Les gens passé 50 ou 60 ans, poursuit-il, vivent souvent avec ce qu’on appelle des lymphocytes mémoire, des lymphocytes qui ont été produits il y a longtemps, qui étaient bons pour reconnaître les microbes de notre environnement il y a longtemps, mais si on leur en présente des nouveaux, ils seront complètement dépourvus. »

Bientôt un vaccin contre le cancer?

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