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Le Dr Stanley Vollant, l’Innu qui marche

Les grands entretiens

Avec Stéphane Garneau

Du mardi au jeudi de 21 h à 22 h
(en rediffusion du mercredi au vendredi à 3 h)

Le Dr Stanley Vollant, l’Innu qui marche

Audio fil du samedi 20 avril 2019
Il est assis derrière un micro noir.

Le chirurgien innu Stanley Vollant lors de l'émission Médium large en novembre 2016.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

« Tu as appris à guérir les corps, maintenant tu guéris les âmes », a déjà dit un aîné à Stanley Vollant. Après avoir marché 6000 km pour inspirer la jeunesse des Premières Nations d'ici, le premier chirurgien autochtone de la province cherche la ou les personnes à qui passer son célèbre bâton de pèlerin.

« On est pire qu’on était », reconnaît Stanley Vollant à propos des conditions de vie des Autochtones qui se détériorent au Québec et au Canada. « On n’en fait pas assez pour améliorer le sort des Premières Nations. »

« Le taux de suicide n’a jamais été aussi élevé », rappelle-t-il. Même si le taux de mortalité infantile commence à se rapprocher de celui du reste de la population au pays, « les autres indices sont souvent pires qu’il y a 10 ou 20 ans ».

D’ailleurs, il ne croit plus qu’il pourra connaître de son vivant un monde où les Autochtones seraient les égaux du reste de la population au Canada, tant sur le plan économique que social ou sur le plan de la santé.

La Commission royale sur les peuples autochtones, connue sous le nom de commission Erasmus-Dussault, lui avait pourtant donné un peu d’espoir en 1996. « Malheureusement, le rapport est resté sur une tablette à Ottawa quelque part », constate-t-il.

« Mes enfants vont peut-être le voir, peut-être mes petits-enfants, mais je sais qu’un jour ça va arriver, raconte-t-il. Il faut encore des gens qui portent ce message-là. »

Le potentiel des jeunes Autochtones est énorme et il est sous-développé.

Le Dr Stanley Vollant, chirurgien
Le Dr Stanley Vollant sur le plateau de l'émission Tout le monde en parle.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stanley Vollant

Photo : Kartine Dufour

Le poids des choses

Au début de ses études en médecine, il se faisait souvent demander s’il habitait dans un igloo. À l’école secondaire, à Québec, on lui interdisait de parler sa langue maternelle et le traitait de « criss de sauvage ». C’est en 1990

, avec la crise d’Oka, que les Québécois ont, selon lui, finalement commencé à véritablement considérer la présence des communautés autochtones.

« Avant ça, on n'était que du folklore, se souvient-il. Et je me suis rendu compte que j’avais un rôle à jouer. »

Au milieu des années 1990, il est devenu le premier chirurgien autochtone diplômé de l’histoire du Québec et, du même coup, un modèle pour toute une génération d'Autochtones. Cette responsabilité de passeur, dont il a toujours été très fier, a tout de même parfois été lourde à porter.

« Je ne veux pas que mes enfants portent le fardeau que j’ai porté », explique Stanley Vollant.

Quelque temps après la naissance de son fils, en 2007, il raconte avoir connu une dépression majeure. Lui qui avait été élevé pour être fort et résilient, il découvre les affres incontrôlables de l’anxiété.

« Moi qui pensais que j’étais immunisé contre la dépression, je ne l’étais pas du tout, reconnaît-il. Le risque pour moi de faire une autre dépression est toujours là. Je ne suis pas invincible. »

Le docteur et une jeune Innue tiennent dans leurs mains un bâton de marche. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Docteur Stanley Vollant et la jeune Innue Gabrielle Vachon-Laurent avec le bâton de marche aux 12 000 rêves.

Photo : Maude Trépanier Darsigny

L’Innu qui marche

Après avoir longtemps été reconnu pour son travail en chirurgie, le Dr Stanley Vollant se fait maintenant appeler « l’Innu qui marche » par certains jeunes autochtones. Son bâton de marche est devenu un symbole, celui des rêves des jeunes de toutes les communautés autochtones qu’il croise sur son chemin.

« Mon but le plus cher, c’est que, ce bâton, je le donne à quelqu’un d’autre, dit-il. Quelqu’un de plus jeune qui prendra le fardeau que j’ai transporté. »

Il espère que de nombreux jeunes de toutes les communautés pourront un jour, comme lui, devenir des modèles à leur tour.

« Je pense que le développement du plein potentiel de tous les jeunes Autochtones sera une grande richesse pour le commun des Québécois et des Canadiens », même si la marche pour arriver à destination risque d'être encore très longue.

Un jour, je sais qu’on pourra aspirer au même sort que le reste des Canadiens.

Le Dr Stanley Vollant, chirurgien

Archives : Stanley Vollant, premier chirurgien issu des Premières Nations

Archives : Stanley Vollant, premier chirurgien issu des Premières Nations

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