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Charles Richard-Hamelin, celui qui s’exprime par la bouche de son piano

Les grands entretiens

Avec Stéphane Garneau

Du mardi au jeudi de 21 h à 22 h
(en rediffusion du mercredi au vendredi à 3 h)

Charles Richard-Hamelin, celui qui s’exprime par la bouche de son piano

Audio fil du lundi 1 avril 2019
Charles Richard-Hamelin en studio

Charles Richard-Hamelin

Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

« Chopin a un sens unique de l'harmonie et une signature extrêmement forte », s'enthousiasme le pianiste Charles Richard-Hamelin, connu pour ses interprétations magistrales du répertoire de cette icône romantique. Au micro de René Homier-Roy, il raconte une vie à « courir les concours » et à chercher, sur les notes de son piano, quelque chose comme une forme ultime d'expression.

En musique, je cherche l’honnêteté. Il faut que je sente l’âme du compositeur sur la page, ou les tripes sur la table. Certains compositeurs ont plus de distance et sont plus cérébraux : je les aime aussi. J’aime autant le brutal que le lisse, tant que je ressens dans la musique une sorte de supplément d’âme.

Charles Richard-Hamelin, pianiste

Le jeune musicien acclamé est ainsi aussi épris de la musique de Schuman, intempestive et sans filtre, que des compositions de Chopin, soignées et peaufinées jusqu’à l’excès. « Quand je joue du Schuman, dit-il, je me sens comme un acteur de théâtre; je dois vraiment faire une interprétation personnelle et raconter une histoire. Avec Chopin, je me laisse plutôt happer par la précision, par l’harmonie et par la sensibilité mélodique. C’est un délice. »

Il court les concours

À 30 ans, en plus d’avoir été lauréat d’une panoplie de concours régionaux et nationaux, Charles Richard-Hamelin a remporté la médaille d’argent au Concours international de piano Frédéric-Chopin à Varsovie. La récompense lui a ouvert les portes d’une carrière internationale parfois essoufflante, notamment au Japon, où il joue, dit-il, « dans des conditions particulièrement enviables ».

Et pourtant, le petit Charles, à 4 ans, n’éprouvait pas un plaisir grandiose à apprendre le piano, auquel l’initiait son père, un pianiste amateur. Il a néanmoins persisté, le plaisir croissant avec l’usage. « À un si jeune âge, se souvient-il, c’était fastidieux d’apprendre à délier les doigts et à lire la musique. J’ai eu par la suite un professeur extraordinaire, Paul Surdulescu, qui a continué à m’enseigner le piano jusqu’à mes 18 ans. Sans doute a-t-il été le professeur le plus important pour moi. J’ai appris avec lui à jouer des mélodies enfantines autant que des grandes œuvres de Prokofiev. »

Il remercie ses parents d’avoir été particulièrement équilibrés, lui inculquant la discipline et l'amour de la musique tout en le laissant libre de vivre une « vraie vie d’enfant », à courir dehors et à jouer aux jeux vidéo. Né dans une famille modeste où la musique était un plaisir, et non une profession, il a conservé un rapport ludique à son instrument. Sans doute cet état d’esprit l’a-t-il aidé à remporter, année après année, des récompenses toujours plus prestigieuses. Sans oublier l’aide apportée par le père Lindsay, dans sa région natale de Lanaudière. Dans son cas, nul besoin de mécène prestigieux déliant les cordons de la bourse pour lui procurer des instruments hors de prix.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Entrevue avec Charles Richard-Hamelin

La musique avant les mots

Chaque année depuis sa tendre enfance, Charles Richard-Hamelin a appris une nouvelle pièce de Chopin, chaque fois l’érigeant au rang de sa pièce favorite du moment. « Après quelques notes de Chopin, pour moi, c’est tout un monde qui s’ouvre », analyse-t-il.

La musique est mon moyen d’expression ultime, bien plus que les mots. Je suis très embêté de faire des phrases complètes dans les entrevues comme celles-ci. Je suis loin d’être Glenn Gould, qui maniait aussi bien la musique que les mots. Il était si impressionnant.

Charles Richard-Hamelin, pianiste

Cette passion de la musique, qui s’accompagne chez lui d’un vaste intérêt pour le cinéma, mérite aujourd’hui d’être transmise à de nouvelles générations, selon lui. « Je me découvre un intérêt grandissant pour la posture du maître. Un jour, il faudra laisser la place à la relève, et j’espère être à ses côtés dans l’ombre, dans le rôle du transmetteur. »

Et pourquoi pas un jour contribuer à l’industrie du cinéma? « Si je n’avais pas été musicien, j’aurais probablement été monteur », conclut ce grand fan de Robert de Niro.

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