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Stéphane Garneau
Audio fil du mardi 26 mars 2019

France Labelle : « Je ne sauve personne, je ne suis pas chirurgienne »

Publié le

La femme est en entrevue à la radio.
France Labelle, cofondatrice et Directrice générale du Refuge des Jeunes de Montréal   Photo : Radio-Canada / Cécile Gladel

La cofondatrice du Refuge des jeunes de Montréal refuse de voir le travail de son organisme depuis une trentaine d'années comme de la charité. « J'aide, j'accompagne, je contribue, j'écoute, explique France Labelle. Avec mon équipe, je crée des possibilités d'améliorer les choses. »

Le Refuge des jeunes de Montréal accueille de jour comme de nuit les jeunes itinérants de 17 ans à 25 ans en difficulté.

« Des fois, j’aimerais ça être toute puissante et les sauver », ajoute celle qui a dirigé le conseil d’administration de l’organisme pendant ses premières années avant d’en prendre la direction générale.

Le Refuge des jeunes a été fondé pour donner un espace aux personnes sans-abri ou sans domicile fixe à la sortie de l’adolescence, un groupe d’âge qui échappait souvent aux services de protection de la jeunesse.

Il y a quelques éléments communs à l’ensemble, mais chaque jeune qui se présente à nous a une histoire différente.

France Labelle, directrice générale du Refuge des jeunes de Montréal
Une jeune home est assis à une table et mange un repas avec une fourchette de plastique.
Un jeune du Refuge des jeunes de Montréal qui mange une omelette.   Photo : Refuge des jeunes de Montréal

L’organisme, pour lequel Dan Bigras et d’autres artistes se mobilisent chaque année depuis 1992 dans le célèbre événement-bénéfice Show du Refuge, a accompagné environ 21 000 jeunes en 30 ans. À ses débuts, il était porté à bout de bras par une petite équipe – « On en a mangé, des muffins », se rappelle France Labelle – et il fermait durant l’été.

« Je crois que l'on contribue au développement social d’une ville, d’un pays, précise France Labelle. C’est un engagement solidaire réel de s’occuper des plus mal pris. L’itinérance et les jeunes, ça vient de quelque part. Ils auraient pu venir de chez nous, ils viennent de nos familles. »

De jour, le Refuge des jeunes offre un service d’accompagnement administratif, entre autres, tandis que la nuit il devient un refuge temporaire d'urgence. Un jeune sur deux qui fréquente l’endroit n’a aucun revenu, les autres ont de l’aide sociale ou un travail, qu’il soit formel ou informel.

Les jeunes hommes, puisque le centre n’accueille que des hommes, peuvent cependant revenir au centre plusieurs fois dans une année.

« Eux se promènent, mais nous, on est leur espèce de base, explique la directrice générale du Refuge des jeunes de Montréal. Donc, ils peuvent toujours se replier sur cette base au centre-ville quand ça va mal. »

Après avoir été situé au sous-sol d’une église de la rue Roy à Montréal, l’organisme a été forcé de déménager après la vente de celle-ci. Il est désormais situé sur la rue Sainte-Catherine, à l’angle de la rue Cartier.

Il compte aujourd’hui sur une équipe de 200 bénévoles et de 26 employés. France Labelle, psychoéducatrice de formation, dirige et encadre entre autres l’équipe d’intervention auprès des jeunes.

Les trois chanteurs sont assis sur scène, une guitare ou micro à la main.
Le 28e Show du Refuge Photo : Laurence Labat

Les débuts du Refuge

En 1986, le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) a réalisé qu’il y avait de 200 à 300 jeunes dans la rue sur une période d’un an à Montréal. Un comité a été formé pour étudier la question entre différents partenaires. « On en est arrivés à la conclusion qu’il fallait ouvrir un accueil d’urgence à Montréal », raconte France Labelle.

En 1988, l’organisme a été fondé et, l’année suivante, il a officiellement ouvert ses portes aux jeunes de la rue.

Présidente du conseil d'administration les premières années, France Labelle a d’abord été impliquée au Refuge des jeunes que deux jours par semaine. Sa passion l’a ensuite menée à en assumer la direction générale, même si elle n’avait pas de formation de gestion. « Une journée à la fois, j’ai appris », se souvient-elle.

Pour survivre à la grande aventure et pour ne pas désespérer, il faut y aller au jour le jour, saluer les victoires et ne pas baisser les bras. Sinon, ça n’aurait pas de sens parce que la pauvreté, à certains égards, elle s’accroît dans certaines franges [de la société].

France Labelle, directrice générale du Refuge des jeunes de Montréal
Le 28e Show du Refuge : faire une différence
Le 28e <i>Show du Refuge</i> : faire une différence

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