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Stéphane Garneau
Audio fil du lundi 18 mars 2019

L'apprentissage de Théodore Pellerin

Publié le

Assis derrière un micro, il porte des écouteurs sur la tête.
Le comédien Théodore Pellerin   Photo : Radio-Canada / Étienne Côté-Paluck

Théodore Pellerin a eu de la difficulté à avouer à ses parents qu'il rêvait d'être acteur avant de décrocher son premier rôle. Il avait peur de se « brûler ». « Je n'avais pas envie que le regard des adultes diminue mon désir de jouer », confie le jeune comédien dans une entrevue d'une heure avec René Homier-Roy.

« J’avais l’impression que c’était quelque chose de répandu, de vouloir être acteur ou de vouloir être chanteur », raconte celui qui a commencé sa carrière à la sortie du secondaire en 2014 dans la série télévisée 30 vies. C'est grâce à ce rôle dans une émission quotidienne qu'il s'est rapidement fait connaître du grand public au pays.

« Je voulais juste […] que personne ne puisse diminuer ce désir-là », raconte le jeune comédien à propos de l'époque où il étudiait en concentration théâtre à l’école secondaire.

Il a ensuite participé à plusieurs longs métrages indépendants, dont Isla Blanca, de Jeanne Leblanc, et Chien de garde, de Sophie Dupuis. Il a d'ailleurs remporté le prix Iris de la révélation de l’année au Gala Québec Cinéma en 2018 pour ce dernier film.

Théodore Pellerin vient de terminer le tournage, qui a duré cinq mois, d’une série américaine à La Nouvelle-Orléans, On Becoming a God in Central Florida. Prochainement diffusée sur le service de vidéo sur demande de YouTube, la télésérie met aussi en vedette la célèbre actrice Kirsten Dunst. Le comédien tenait également un second rôle dans le film Boy Erased, lauréat de deux prix Golden Globe en février 2019, dont Nicole Kidman et Russell Crowe étaient les têtes d’affiche.

« J’ai le sentiment d’avoir le privilège de pouvoir faire des choses qui me tentent vraiment, raconte-t-il. J’ai aussi la compréhension maintenant de ce que j’ai envie de faire, parce qu’il y a deux ou trois ans, ce n’était pas hyper ancré en moi. »

Apprendre le métier d'acteur

Théodore Pellerin est reconnu pour incarner des personnages qui possèdent chaque fois une intensité unique. Jusqu’ici, sa présence au petit ou au grand écran a presque toujours été saluée par les critiques, même s’il dit ne pas trop les lire. Il a même la chance de refuser certaines auditions, ce qui n’est pas le cas de beaucoup d’acteurs ou d’actrices.

Pourtant, si ce n’est de ses cours de théâtre au secondaire, l’acteur n’a jamais fréquenté de grandes écoles de jeu ou de théâtre. Il aurait aimé, un jour, grossir les rangs de l’un de ces établissements, mais pour l’instant, il a trop de travail. Il doit plutôt apprendre le métier par lui-même.

J’identifie ce vers quoi je veux aller la prochaine fois, ce qui a du sens pour moi, ce qui résonne vraiment en moi dans chaque rôle et ce qui me permet d’aller toucher à quelque chose de vrai.

Théodore Pellerin

Il ne travaillait pas ses rôles à ses débuts comme il les travaille aujourd’hui. Il était plutôt instinctif, selon ce qu'il explique.

Apprendre à jouer en anglais

Le comédien raconte avoir beaucoup appris sur son métier en tenant des rôles dans des productions en anglais, pour lesquels il devait avoir recours à l’aide d’un entraîneur.

« Quand je joue en anglais, j’ai de plus en plus ce sens de liberté qui s’apparente au français, dit-il, mais ce n’est pas tout à fait ça. Il y a un travail qui est d’aller rejoindre le texte, d’aller rejoindre les mots, qui est beaucoup plus profond, que je dois faire. »

La langue a, selon lui, un rapport avec l’introspection d’une personne depuis sa plus tendre enfance. Pour mieux s’imprégner de celle-ci, il s’est forcé à décortiquer chaque réplique pour en révéler toutes les intentions.

On pourra le voir dans le film Genèse.
Le comédien Théodore Pellerin à l'émission Tout le monde ne parle le 8 mars 2019 Photo : Avanti Groupe/Karine Dufour

« Ça m’a forcé à analyser les scènes de façon différente, parce que je n’avais pas une réponse instinctive au texte, explique-t-il. Il fallait vraiment que j’applique une recherche intellectuelle aux scènes. »

Il voudrait maintenant appliquer une partie de cet apprentissage à ses rôles en français. « C’est le fun de sentir qu’on se dépasse, qu’on va ailleurs. »

Le jeune comédien Théodore Pellerin interprète un extrait du film <i>La fille sur le pont</i>, de Patrice Leconte.
Le jeune comédien Théodore Pellerin lors de l'émission Plus on est de fous, plus on lit! en juin 2017. Photo : Radio-Canada/Christian Côté

Apprendre à raconter ses propres histoires

Théodore Pellerin se voit un jour tenter l’aventure en réalisation pour raconter ses « propres histoires », même s’il a encore des choses à apprendre avant d’y arriver.

« Je pense que c’est un peu la même chose que lorsque j’avais envie d’être acteur, petit, et que je ne le disais pas aux adultes », dit-il en rigolant. « Je sais que je ne suis pas rendu là encore. »

Le comédien de 21 ans tient la vedette dans le film Genèse du réalisateur québécois Philippe Lesage, actuellement en salles. Il a remporté, l’automne dernier, le Bayard du meilleur comédien pour ce rôle au Festival international du film francophone de Namur, en Belgique.

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