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Stéphane Garneau
Audio fil du lundi 4 mars 2019

Isabelle Hudon : « Les fois où je n’ai pas écouté mon instinct, je me suis trompée »

Publié le

Isabelle Hudon au micro de Catherine Perrin
Isabelle Hudon   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

L'ambassadrice du Canada en France n'a pas tempéré son énergie débordante depuis qu'elle s'est installée à Paris en 2017. Autodidacte, celle qui a dirigé la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et la Financière Sun Life au Québec raconte à Catherine Perrin que son impatience bouscule les façons de faire en diplomatie française.

Impatiente, voire insolente diraient peut-être ses parents, la femme d’affaires devenue diplomate Isabelle Hudon était tout de même un peu timide dans son enfance. Elle se rappelle même s’être ennuyée souvent : « Je trouvais que tout allait trop lentement pour moi. »

Je constate avec le recul que j’ai grandi dans un village.

Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France, originaire de Beauharnois

Autodidacte, elle a relancé la croissance au Québec de la plus grosse compagnie d’assurance du pays, la Financière Sun Life, « le plus grand défi » qu’elle a eu à relever de sa carrière, dit-elle.

« C’est vrai que d’un point de vue de l’image, l’entreprise était en souffrance chronique, explique-t-elle, mais ce qui a été pour moi le plus grand défi est que je n’avais pas de formation en finance. Je ne suis pas une actuaire, mais [je devais] entrer dans ce monde extrêmement complexe. »

Elle raconte n’avoir jamais traîné longtemps à l’école, même si ses deux parents étaient professeurs de profession. Elle a tout de même reçu un doctorat honorifique de l’Université Concordia il y a bientôt deux ans.

« Je ne fais pas la promotion du succès sans les bancs d’école, précise-t-elle. C’est réalisable sans les diplômes, mais c’est une avenue extrêmement risquée, et extrêmement exigeante et difficile. »

Elle n’avait que 35 ans lorsqu’elle a pris la tête de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mais c’est dans le monde politique qu’elle s’est d’abord fait la main.

« J’ai beaucoup appris lorsque j’étais attachée politique, les bons et les mauvais exemples », raconte celle dont le père a été maire de Beauharnois, puis député progressiste-conservateur de la même région de 1984 à 1993.

Entrevue avec Isabelle Hudon

Transparence et authenticité

La femme d’affaires nommée ambassadrice en 2017 est connue pour être allergique à l’abus de pouvoir.

Afin de s’en tenir loin, elle vise la transparence envers elle-même autant qu’envers les autres, ce qui est « extrêmement exigeant », avoue-t-elle. Il est facile de mentir pour être apprécié de tous, et c'est une réalité qu’on voit souvent chez certaines femmes qui cherchent à présenter la perfection.

« Faites le deuil de la perfection », dit-elle à celles qui ne se sentent jamais à la hauteur, parce qu'elle estime qu’il faut justement savoir se dépasser. Contrairement aux femmes, beaucoup d’hommes vont, par exemple, oser poser leur candidature à un poste même s’ils se croient compétents pour celui-ci à 50 % seulement, selon elle.

L’impossible m’attire, parce que je ne crois pas à l’impossible.

Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada à Paris

« Parfois, il faut pousser la limite un peu, croit-elle. Il faut se dire que si on attendait toujours d’être pleinement et complètement prête pour sauter, on ne sauterait jamais ou on sauterait rarement. Je me dis que dans certaines situations, à 75 % bien équipé, c’est assez. »

Justin Trudeau prend la parole au déjeuner de travail sur l'égalité des sexes
Le premier ministre Justin Trudeau assis à côté de la coprésidente du conseil consultatif sur l'égalité des sexes, Isabelle Hudon, lors du G7 de Charlevoix en 2018. Photo : La Presse canadienne/Justin Tang

Rester proche des employés qu’elle dirige

À son arrivée à la Financière Sun Life, elle a rencontré chacun des employés de l’entreprise dans son bureau. Elle dit avoir fait la même chose à l’ambassade du Canada à Paris.

« Les entreprises peuvent bien décrire leurs valeurs, mais c’est à travers les gens, les employés, ceux qui vivent au quotidien dans une entreprise, qu’on peut vraiment comprendre la culture de l’entreprise », explique-t-elle.

Première femme à être nommée ambassadrice pour le Canada en France, elle « bouscule les habitudes » à Paris, écrit le quotidien français Le Figaro.

« Chaque matin, je me réveille avec la même énergie, résume-t-elle. Vise la lune et, si tu la manques, tu vas atterrir parmi les étoiles. Rien n’est impossible. Chaque matin, rien n’est impossible. »

Deux ambassadrices, une vision

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