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Brigitte Poupart : l’urgence de créer

Les grands entretiens

Avec Stéphane Garneau

Du mardi au jeudi de 21 h à 22 h
(en rediffusion du mercredi au vendredi à 3 h)

Brigitte Poupart : l’urgence de créer

Audio fil du samedi 2 mars 2019
Brigitte Poupart riant dans un studio de radio.

Brigitte Poupart se demande s'il faut faire imploser le ministère de la Culture et des Communications.

Photo : Radio-Canada / Thomas Lafontaine

À la fois comédienne, metteuse en scène, réalisatrice et parfois même humoriste, Brigitte Poupart est une créatrice dans l'âme. « J'ai toujours voulu réaliser les projets que j'avais en tête, avec une obsession impulsive de le faire, envers et contre tous », affirme-t-elle en entrevue avec Stéphan Bureau.

Toute jeune, elle était déjà davantage dans la création que dans le jeu. « J’aimais organiser des soirées, organiser des spectacles », raconte-t-elle. Acceptée en droit, elle a plutôt été encouragée par ses parents à faire ses études au Conservatoire d’art dramatique de Montréal. C’est là qu’elle a découvert le jeu et le métier d’actrice.

Dès sa sortie du Conservatoire, elle a voulu mener ses propres projets artistiques en cofondant la compagnie Transthéâtre, en 1991. On était alors en plein « marasme économique post-référendaire ». Les compagnies de sa génération n’avaient pas accès à un financement stable, elles sont restées des « compagnies à projets, qui vivaient avec les moyens du bord ».

J’ai appris à gérer mes urgences : l’urgence de faire, l’urgence de dire. Il a fallu que j’apprenne avec le temps.

Brigitte Poupart, réalisatrice et comédienne

Une artiste engagée

Brigitte Poupart se décrit d’abord comme féministe, ensuite comme créatrice. Pour elle, l’art est un geste politique. C’est en partie pour sortir des lieux communs qu’elle a accepté de jouer dans le film Les salopes ou le sucre naturel de la peau, de Renée Beaulieu, en 2018.

Elle y incarne Marie-Claire, une femme de tête dont la sexualité sort du cadre habituellement exploré par le cinéma, où « la caméra choisit des plans très précis, toujours les mêmes ».

J’aime les projets où l'on a à être investie totalement, entièrement.

Brigitte Poupart, réalisatrice et comédienne

Si un rôle comme celui de Marie-Claire est extrêmement rare, selon elle, c’est parce que l’exploration de la sexualité d’un personnage féminin d'une manière « différente » est suffisamment taboue pour qu'un projet ne reçoive pas de financement ou qu'un film ne soit pas distribué.

« J’ose croire qu’on a fait des gains, avance-t-elle. Toutefois, on n'est pas arrivés à un point où une bonne idée n’est pas attribuée à un sexe. » Elle remarque que les idées formulées par des femmes autour d'une table ne sont souvent encensées que plus tard, lorsqu’elles sont reprises en d’autres mots par des hommes. « Dès qu’on arrive dans les lieux de pouvoir, les projets qui ont beaucoup d’argent, c’est là qu’on le voit. »

L'urgence de la création

Le documentaire Over My Dead Body, sorti en salle en 2011, est un moment décisif dans la vie et la carrière de Brigitte Poupart. Pendant un an et demi, elle a suivi son ami chorégraphe et danseur Dave St-Pierre, atteint de fibrose kystique et en attente d’une greffe de poumons à l'époque. Sans cette greffe, les médecins ne lui donnaient que deux ans à vivre.

Voir ainsi son ami de 34 ans abandonner la danse, « faire table rase de tout ce qu’il aimait », a été un choc pour la réalisatrice. Elle s'est trouvée plus que jamais face à l’urgence de la création. « Je me suis rendu compte du privilège que j'avais, que je pouvais faire quelque chose de signifiant. Il ne fallait pas que je perde de temps », conclut-elle.

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