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Stéphan Bureau
Audio fil du mardi 29 janvier 2019

Juanita Westmoreland-Traoré : incarner le changement qu’on veut voir dans le monde

Publié le

Juanita Westmoreland-Traoré souriant devant un mur beige.
Juanita Westmoreland-Traoré, en 1985.   Photo : Radio-Canada

« Je suis une enfant des droits civiques », explique Juanita Westmoreland-Traoré, première juge noire de la Cour du Québec. Racisme, sexisme, pauvreté : l'avocate née à Verdun en 1942 a été de tous les combats depuis les années 1960. Au micro de Michel Lacombe, elle revient sur son parcours marqué par un souci constant de justice sociale.

La défense des plus démunis était une préoccupation quotidienne dans la famille de Juanita Westmoreland-Traoré. La communauté de l’Union United Church, située dans la Petite-Bourgogne à Montréal, était menée par un curé ayant une forte conscience sociale. « J’ai compris assez tôt qu’il fallait œuvrer du côté du changement », dit-elle.

Un engagement social multiple et continu

Après des études en anglais au primaire et au secondaire, elle décide de s’inscrire en droit en français. Elle poursuivra sa scolarité au doctorat à la Sorbonne, où elle rencontrera l’homme avec qui elle partagera sa vie pendant plus de 50 ans.

À Paris, elle se dirige spontanément vers le droit social et les milieux plus progressistes et revendicateurs. Après quelques années en France, où elle vit de près Mai 68, elle choisit de revenir au Québec et de prendre part au bouillonnement politique de l’époque.

Il y avait une évolution dans la société québécoise : les gens voulaient se prendre en charge. Et c’était un mouvement démocratique auquel j’adhérais.

Juanita Westmoreland-Traoré, juge à la retraite

Elle obtient un premier emploi auprès de Bernard Mergler, un avocat de gauche bien connu qui défend entre autres les membres du Front de libération du Québec (FLQ). Même si elle n’appuie pas les moyens utilisés par le FLQ, Juanita Westmoreland-Traoré participe à la défense du mouvement insurrectionniste.

Dans les mêmes années, elle prend également part aux combats juridiques entourant l’émeute raciale de l’Université Concordia, la plus grande émeute étudiante de l’histoire canadienne. « C’était une époque historique », explique-t-elle.

Le besoin constant de remises en question

Même si elle constate de nombreux progrès depuis 50 ans, l’ex-juge s’inquiète aujourd'hui de la place grandissante qu’occupent les groupes d’extrême droite. « Nous devons prendre ces menaces au sérieux, les contrer de toutes nos forces », affirme-t-elle.

Celle qui milite pour une société plus inclusive croit que l’avenir se trouve dans la jeunesse et les mouvements sociaux, qui amènent une nécessaire remise en question des partis de gauche, devenus « un peu bureaucratiques et électoralistes ».

Devant les défis importants qui attendent les mouvements progressistes, Juanita Westmoreland-Traoré ne perd pas espoir. « On n’a pas le choix! Il faut travailler pour davantage de justice sociale, sinon il y aura toujours l’insécurité, la guerre et les conflits », explique-t-elle.

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