Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Stéphane Garneau
Audio fil du mercredi 9 janvier 2019

Laure Waridel en politique : « Il faudrait que je fasse le saut un jour »

Publié le

La chercheuse et auteure Laure Waridel
La chercheuse et auteure Laure Waridel   Photo : Radio-Canada / Mathieu Arsenault

La célèbre écologiste croit pouvoir un jour « contribuer à une meilleure prise de décision » en politique, révèle-t-elle dans un entretien d'une heure avec Gérald Fillion. Pour l'instant, par contre, celle qui a refusé plusieurs fois les offres de partis politiques veut plutôt rester proche de sa famille, dont sa jeune fille « neurotypique ».

« Le jeu politique serait difficile », admet la cofondatrice de l’organisme Équiterre. Elle dit ne pas particulièrement apprécier les conflits interpersonnels, mais ce pourrait être une manière d’avoir un « impact très grand ».

En plus de s’occuper de sa fille, elle se concentre pour l’instant sur l’écriture de son quatrième livre, sur l’enseignement et sur son engagement militant.

Elle est actuellement conseillère spéciale d’un cabinet d’avocats qui représente ENvironnement JEUnesse (ENJEU) dans une poursuite contre le gouvernement du Canada pour son inaction dans la lutte contre les changements climatiques. Le Canada a ratifié plusieurs conventions internationales reconnaissant l’urgence d’agir, mais il n'a pas pris de mesures efficaces pour renverser la tendance, ce qui constitue de la négligence, selon elle.

Action collective sur le climat : entrevue avec Me Karine Peloffy

Une enfance dans une ferme laitière de Mont-Saint-Grégoire

Née en Suisse, Laure Waridel a déménagé en Montérégie avec ses parents agriculteurs à l’âge de 2 ans. Son père et sa mère, producteurs de lait, lisaient beaucoup et restaient informés, même s’ils n’ont pas fait beaucoup d’études.

La radio de Radio-Canada était pratiquement toujours allumée chez nous.

Laure Waridel, auteure et écologiste

Son plus grand frère, de 13 ans son aîné, a repris la ferme familiale. Celui-ci riait de ses idées sur l’agriculture biologique il y a 10 ou 20 ans, dit-elle, mais aujourd’hui, c’est son neveu qui a pris la relève et ce dernier a entamé une transition vers la production biologique. D'ailleurs, ceci est, selon elle, le reflet d'une prise de conscience collective qui se vit dans de nombreuses autres régions en ce moment.

« Je pense que ce que mes parents m’ont appris avant tout, c’est l’importance de la cohérence entre ce qu’on souhaite et les gestes que l’on pose », croit-elle.

C’est d’ailleurs dans l’esprit d’une meilleure cohérence entre ses préoccupations environnementales et sociales qu’elle a cofondé en 1993 l’influent organisme Équiterre, avec Sydney Ribaux, Steven Guilbeault, Elizabeth Hunter, Patrick Henn et François Meloche.

Aujourd’hui, en plus d’être professeure associée à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), elle siège au comité scientifique du Pacte pour la transition, qui vise autant à encourager les citoyens à adopter des façons plus écologiques de vivre qu'à inciter les politiciens à mettre en place de meilleures mesures environnementales.

500 personnalités appellent les Québécois à s'engager pour le climat.

Changer l’économie, changer de paradigme

L'une des plus grandes victoires des écologistes des dernières années est d'avoir réussi à sortir des petits cercles d’initiés les enjeux liés à l’environnement, explique l’auteure à succès. Aujourd’hui, les plus grandes institutions économiques internationales, telles que le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale ou l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), considèrent enfin que « la destruction de l’environnement est la plus grande menace à l’économie ».

On n’a pas le choix, il faut internaliser les coûts environnementaux.

Laure Waridel, sociologue et professeure associée à l'UQAM

« Plus on attend, plus ça va coûter cher », rappelle-t-elle, citant le célèbre rapport de l’ancien président de la Banque mondiale Nicholas Stern publié en 2006. « Et c’est catastrophique, c’est clairement catastrophique. » En effet, l'été dernier, il y a eu notamment 90 décès dans la région de Montréal en raison des grandes canicules.

« Il y a urgence d’agir, donc mettons-nous ensemble pour voir comment on peut opérationnaliser cette transition de manière à ce que le poids ne soit pas seulement sur les plus démunis et sur les travailleurs », suggère-t-elle.

Agir pour canaliser sa tristesse en quelque chose de positif

La sociologue croit qu'il est important d'agir pour mettre en place les conditions qui vont « favoriser le bonheur » individuel et collectif. « Je souhaiterais contribuer à ce que le Québec devienne vraiment un modèle en termes de société et de transition économique, écologique et solidaire, dit-elle. Je pense qu’on a vraiment des atouts exceptionnels pour le faire, et je ne parle pas juste de l’hydroélectricité. »

François Legault n'ayant presque pas abordé les enjeux environnementaux durant la campagne électorale, elle s'est dite agréablement surprise de l'entendre répéter, une fois élu, qu'il était urgent d'agir contre les changements climatiques.

On le sait, on ne peut plus se mettre la tête dans le sable, même si c’est du sable bitumineux.

Laure Waridel

Chargement en cours