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L’école pour tous, un idéal de démocratisation de l’éducation

Les grandes idées du 20e siècle

Avec Normand Baillargeon

Du lundi 28 au jeudi 31 octobre de 21 h à 22 h
(en rediffusion du 29 octobre au 1er novembre à 3 h)

L’école pour tous, un idéal de démocratisation de l’éducation

Des élèves lèvent la main dans une classe.

Des élèves d'une école primaire

Photo : iStock

L'idée de l'école pour tous émerge au 20e siècle. L'objectif des sociétés est d'éduquer leur population au-delà des classes sociales. Au Québec, une commission propose une réforme profonde durant les années 1960. Le rapport Parent propose la prise de contrôle par l'État de l'éducation et, ensuite, la création des cégeps et l'accès aux études universitaires. Cette idée d'école pour tous est mise à mal de nos jours un peu partout en occident. Où en sommes-nous et où allons-nous? Normand Baillargeon en discute avec Joëlle Tremblay, professeure de philosophie au Cégep de Granby, Réjean Bergeron, professeur de philosophie au Cégep Gérald-Godin, et Andréanne LeBrun, chargée de cours en éducation et doctorante en histoire à l'Université de Sherbrooke.

Normand Baillargeon rappelle que durant la Révolution française, Condorcet formule des propositions d’instruction publique, qui restent largement à l’état de projet en France. Plus tard, au 19e siècle, l’école devient gratuite, laïque et obligatoire. Le développement du capitalisme industriel à la première moitié du 20e siècle accélère l’implantation de l’école publique, précise Andréanne LeBrun. Au Québec, l’éducation obligatoire s’impose en 1943, mais elle demeure sous l’influence de la religion catholique.

L’école nouvelle

Surtout développée en Europe par Maria Montessori et aux États-Unis par John Dewey, l’école nouvelle fait sa marque au 20e siècle. Des méthodes actives centrées sur l’enfant et sur ses intérêts sont mises de l’avant, et l’enseignement est moins porté sur la formation de savoirs. L’école nouvelle influence d’ailleurs la commission Parent au Québec.

Une nouvelle conception de la démocratie ressort de ce rapport, soit le passage d’une démocratie élitiste à une démocratie de masse. De plus, le droit à l’éducation est reconnu.

Des défis actuels

« Au Québec, 20 % de la population étudiante au secondaire transige par le système des écoles privé, alors qu’au Canada, peu importe la province, c’est moins de 5 % », déclare Joëlle Tremblay. Cette situation révèle une croissance des inégalités à l’école, selon le rapport Remettre le cap sur l’équité (2016), du Conseil supérieur de l’Éducation (Nouvelle fenêtre). Enfin, le taux de diplomation du Québec est le plus bas en Amérique du Nord.

Réjean Bergeron déplore le refus de la transmission du savoir et il estime que l’école traditionnelle est caricaturée pour promouvoir l’école nouvelle.

C’est comme si notre société, et en particulier notre système d’éducation, était mal à l’aise devant ce désir de transmettre la culture. […] On fait des réformes, et malgré les réformes, on continue de dire que l’école n’a jamais évolué.

Réjean Bergeron

Le professeur de philosophie ne croit pas en l’efficacité en éducation des nouvelles technologies, et argue que les résultats ne sont pas au rendez-vous, selon le rapport Connectés pour attendre, de l’OCDE (Nouvelle fenêtre).

Une élèves assise à une table devant un iPad et tente de dessiner le même dessin que celui sur le iPad devant elle. D'autres iPads et des cartons e lettre se trouvent sur la table.

L'intégration de technologies de l'information et de la communication dans une école

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Joëlle Tremblay croit en l’efficacité de ces nouvelles technologies dans une certaine mesure, mais elle déplore que cette solution soit présentée comme unique.

Il y a des choses qu’on ne comprend pas dans la subtilité d’enseigner, dans la transmission, que ce soit d’une compétence ou que ce soit d’un savoir, d’une culture.

Joëlle Tremblay

Tous s’entendent sur une chose : la prise de notes manuelles par les élèves est plus efficace que toute technologie.

Pour l’avenir, Joëlle Tremblay préconise un système comprenant des écoles publiques, dont certaines alternatives, où des experts des sciences de l’éducation enseignent aux élèves. Elle déplore que le débat sur la formation des maîtres n’ait pas été fait au Québec.

Normand Baillargeon croit que le Québec doit mener une grande réflexion collective, une commission Parent 2.0. D’autant plus que le système d’éducation québécois est jeune, ajoute Joëlle Tremblay. Enfin, Andréanne LeBrun souhaite un système d’éducation qui s’intéresse au bien-être de l’enfant, afin que les nombreux syndromes d’anxiété de performance disparaissent.

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