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L’économie de marché a-t-elle encore sa place aujourd’hui?

Les grandes idées du 20e siècle

Avec Normand Baillargeon

Du lundi 28 au jeudi 31 octobre de 21 h à 22 h
(en rediffusion du 29 octobre au 1er novembre à 3 h)

L’économie de marché a-t-elle encore sa place aujourd’hui?

Deux courtiers en valeurs mobilières sont assis.

Deux courtiers en valeurs mobilières à New York, en 2008

Photo : Getty Images / Mario Tama

En économie, le 20e siècle a été celui de la primauté du capitalisme. L'idée d'une économie qui se régule elle-même par l'offre et la demande a connu son apothéose dans les années 1980. Depuis la débâcle des marchés en 2008, cette idée est malmenée. La théorie de John Maynard Keynes sur l'État-providence, pensée au début du 20e siècle, refait-elle surface après ces déboires? Pierre Fortin, économiste, professeur émérite à l'Université du Québec à Montréal, et Audrey Laurin-Lamothe, sociologue, professeure adjointe à l'Université York de Toronto, discutent avec Normand Baillargeon de ces idées sur l'économie actuelle et celle du futur.

Pour Audrey Laurin-Lamothe, l’économie ne peut se passer de l’intervention de l’État : « C’est quasiment impossible pour une grande corporation, même au Québec, de se priver d’une régulation étatique, d’un financement d’une façon ou d’une autre », dit-elle, donnant en exemple la firme Bombardier. « Il faut énormément se méfier de la montée des monopoles », ajoute Pierre Fortin, qui précise qu'un monopole est une contradiction de la concurrence. « Même si Adam Smith avait raison, la condition qu’il a imposée pour que la concurrence fonctionne n’est pas là. » Il dit que les revenus nets d’entreprises ont explosé, montrant notamment du doigt le GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft).

Cinq logos : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft sont sur un fond noir

Les logos des géants Internet Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (GAFAM)

Photo : Getty Images

Des inquiétudes sur la marchandisation sans fin

Audrey Laurin-Lamothe estime que l’environnement et tous les services publics doivent être préservés de la loi de l’offre et de la demande dans l’économie de demain.

Si l'on ne réforme pas le capitalisme, on va devoir faire face à des catastrophes sociales, politiques et écologiques très très importantes. […] Il faut se demander comment on peut réorganiser nos économies pour être en accord avec les exigences environnementales, et aussi chercher le bien-être à travers des services publics dignes de ce nom.

Audrey Laurin-Lamothe, sociologue

Un libre marché du 21e siècle

Dans son livre Enlightenment Now: The Case for Reason, Science, Humanism, and Progress (Penguin Books, 2019), le psychologue Steven Pinker est résolument optimiste; il y fait le constat que nous vivons dans un monde où la pauvreté extrême a connu une réduction importante, qui est plus sûr que jamais et où les gens sont en meilleure santé. « Dans cet optimisme, quel rôle joue le libre marché? », demande Normand Baillargeon.

Steven Pinker lors de l'entrevue avec Alain Crevier.

Steven Pinker, psychologue et auteur de «La part d’ange en nous».

Photo : Radio-Canada

Pierre Fortin rétorque que le principal problème du libre marché est celui du réchauffement planétaire. « Il faut soumettre la logique économique à des idéaux politiques, écologiques et sociaux », insiste Audrey Laurin-Lamothe.

Pierre Fortin constate qu'un manque de partage de la richesse entraîne des conflits majeurs, non seulement entre les pays, mais à l’intérieur de leurs frontières respectives. La crise des gilets jaunes en France représente ainsi un conflit entre les régions et la métropole parisienne. Selon lui, trop d’inégalités engendrent un problème de cohésion sociale, de sentiment de sécurité et de confiance envers autrui. « Il faut comprendre aussi que de 50 à 60 % de la consommation vient des 10 % les plus riches », ajoute-t-il.

Un manifestant porte un gilet jaune et brandit un drapeau de la France.

Un manifestant défile dans les rues de Paris, jour des célébrations du 1er Mai, portant haut un drapeau de la France.

Photo : La Presse canadienne / Francois Mori/AP

Inventer un nouveau modèle économique

Devant ce cul-de-sac du néolibéralisme, plusieurs économistes nobélisés proposent le retour aux idées keynésiennes traditionnelles, et que le gouvernement stabilise l’économie, comme l'explique Pierre Fortin, qui propose aussi une coordination internationale, comparable à celle qu'il y a en environnement.

Normand Baillargeon indique que des individus tentent pourtant d’inventer un modèle économique différent de l'économie de marché. Des coopératives autogérées comme celle de Mondragon, au Pays basque, est formée de 80 000 travailleurs et de 266 entreprises.

Au Québec, l’économie sociale est assurément un modèle d’avenir, selon Audrey Laurin-Lamothe, mais elle croit que la province pourrait également s’inspirer du modèle scandinave. Chose certaine, pour elle, l’État doit imposer une forte taxation des ressources naturelles à l’avenir.

Enfin, Pierre Fortin croit que les gouvernements doivent revenir aux taux de taxation des années 1960, c’est-à-dire à 70 % des revenus pour les contribuables les plus riches. À l’heure actuelle, ils s’élèvent à 35 % aux États-Unis, et à 45 % au Canada.

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