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Les faits d'abord

Avec Alain Gravel

Le samedi de midi à 13 h
(en rediffusion le dimanche à 3 h)

L’immigration économique est-elle vraiment la solution?

Des personnes dont on ne voit pas le visage sont assises et tiennent dans leurs mains un drapeau canadien.

Le Canada a ouvert ses portes à 30 000 réfugiés l'année dernière.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Le gouvernement Legault a annoncé qu'il mettait en veilleuse la réforme concernant le Programme de l'expérience québécoise (PEQ) et qu'auront lieu des consultations avec des représentants du milieu des affaires et du monde universitaire. Comment analyser l'intention de la CAQ de renforcer le maillage entre les besoins de main-d'œuvre des entreprises et le profil des immigrants? Alain Gravel en discute avec Andrea Rea, professeur de sociologie des migrations à l'Université libre de Bruxelles; Denis Hamel, vice-président des politiques de développement de la main-d'œuvre au Conseil du patronat du Québec, et Guillaume Cliche-Rivard, président de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration.

Au Québec, 60 % des immigrants sont issus de l’immigration dite économique, c’est-à-dire qu'ils sont choisis par le gouvernement, et les autres proviennent des programmes de parrainage ou sont des réfugiés. L’immigration économique, qui est fondée sur un système de mérite, fait partie d’une mouvance internationale. C’est ce type d'immigration que l’on recherche de plus en plus. « C’est l’immigration qui est considérée comme légitime », explique Andrea Rea.

De son côté, Denis Hamel est d’accord avec l’orientation du projet de François Legault, soit de faire correspondre l’immigration aux besoins du marché du travail. « On a actuellement 140 000 postes vacants au Québec, que l’on n’arrive pas à pourvoir avec les gens qui sont ici, explique-t-il. L’immigration représente une des solutions privilégiées pour pourvoir ces postes. » Toutefois, il rappelle qu’en s'en tenant à une liste de métiers, le gouvernement Legault fait fausse route : « C’est une [politique] à courte vue, il y a plusieurs professions d’avenir qui ne sont pas sur la liste. […] Il faut aussi penser que la moitié des postes vacants demandent peu ou pas de qualifications; on a aussi besoin de ces immigrants-là. »

L’immigration instrumentalisée

Andrea Rea déplore l’idée que les migrants sont davantage perçus comme une force de travail plutôt que des êtres humains à part entière.

Ce qui est dramatique pour des démocraties libérales, comme les États-Unis, le Canada ou l’Europe, c’est que l’on soit allé à l’encontre de nos propres valeurs libérales, qui sont d’accueillir des personnes qui fuient des lieux en guerre.

Andrea Rea, professeur de sociologie des migrations à l’Université libre de Bruxelles

« La première chose que les réfugiés veulent, c’est trouver un travail, c’est s’intégrer au Québec et réussir dans leur [nouvelle] vie, rappelle Guillaume Cliche-Rivard. On parle d’immigration économique, c’est vrai, mais il y a le champ humanitaire qui est très important dans nos valeurs canadiennes. »

La société, dans toutes les régions du Québec, bénéficie de l’apport de l’immigration, selon Denis Hamel. « C’est la survie des entreprises qui en dépend », précise-t-il.

Guillaume Cliche-Rivard espère quant à lui que le Québec pourra faire un examen de conscience et comprendre que la province a autant (sinon plus) besoin des immigrants que ces derniers ont besoin du Québec.

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