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Les faits d'abord

Avec Alain Gravel

Le samedi de midi à 13 h
(en rediffusion le dimanche à 3 h)

Le documentaire The Social Dilemma vu par l’expert en intelligence artificielle Yoshua Bengio

Un jeune homme regarde la caméra avec un air de zombie.

Dans The Social Dilemma, l'acteur Skyler Gisondo incarne Ben, un ado aux prises avec une addiction aux réseaux sociaux.

Photo :  Capture d’écran

Dans le documentaire The Social Dilemma, diffusé sur Netflix, des professionnels de l'informatique qui ont tourné le dos aux médias sociaux dénoncent ce que ces derniers sont devenus et l'empreinte qu'ils laissent sur la société. Yoshua Bengio, professeur au Département d'informatique et de recherche opérationnelle de l'Université de Montréal et directeur de l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal, rappelle que des humains ont créé les algorithmes, mais qu'ils n'ont pas toujours conscience des effets que les algorithmes ont sur la société. « L'environnement des entreprises de technologie est un peu un genre de Far West, où il n'y a pas de réflexion sur les effets à long terme. Évidemment, c'est peut-être plus le rôle des gouvernements de mettre des balises pour éviter ce genre de dérapage », mentionne le chercheur montréalais de renommée internationale.

Les bénéfices d’Internet sont-ils en train d’être détournés de la population? « Toutes les technologies puissantes peuvent être détournées au profit de quelques-uns, qui vont nécessairement s’en servir pour augmenter leur pouvoir. Dans ce sens-là, ça met en péril la démocratie. »

The Social Dilemma aborde les manières de mieux encadrer les réseaux sociaux. Yoshua Bengio croit que le gouvernement canadien réfléchit sérieusement à l’influence des GAFAM. « Ce qui est important, c’est que les gens ordinaires commencent à comprendre ces problèmes, et c’est ça qui va faire bouger les gouvernements », affirme-t-il.

Enfin, le danger que craint le plus Yoshua Bengio est résolument politique, à l’image de « quelque chose de beaucoup plus grave qui pourrait nous amener, par exemple, au fascisme des années 1930 ».

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