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Patrick Masbourian
Audio fil du mercredi 12 décembre 2018

Maladies du cœur : les femmes ne sont pas à l'abri, loin de là

Publié le

Une femme fait une crise cardiaque.
Une femme subit un malaise cardiaque.   Photo : iStock

« Il y a un préjugé qui existe depuis longtemps. [...] Ça fait des années qu'on essaie de sensibiliser la population [au fait] que les femmes aussi sont à risque. Actuellement, la moitié des lits dans nos soins intensifs cardiaques sont occupés par des femmes », dit Georges Honos, cardiologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). Longtemps considérées comme une « affaire d'hommes », les maladies cardiovasculaires concernent pourtant bel et bien tout le monde. « Les femmes ne sont pas du tout épargnées, et souvent, elles sont diagnostiquées tardivement. »

Dans les faits, explique le Dr Honos, les femmes ont plus de risques que les hommes de recevoir un mauvais diagnostic en cas d’infarctus, de malaise cardiaque ou d’une maladie cardiovasculaire, ce qui réduit, en fin de compte, leurs chances de survie.

Des femmes malades à leur insu

Le cardiologue fait remarquer que les femmes s’imaginent généralement qu’une crise cardiaque ressemble à ce que l’on voit dans les films, soit une douleur foudroyante, mais il n'en est rien.

La réalité, c’est rarement ça. […] Il y a beaucoup de femmes qui souffrent d’une crise cardiaque et qui ne le savent même pas.

Georges Honos, cardiologue au CHUM

Si le symptôme typique associé à un malaise cardiaque est la douleur au niveau de la poitrine, ce n’est pas le premier signe que les femmes vont exprimer, note le Dr Honos. Elles auront plus tendance à se sentir fatiguées et essoufflées, et ne ressentiront donc pas le besoin de se présenter à l’urgence pour de tels symptômes « atypiques », souvent interprétés comme des problèmes digestifs, des signes d'anxiété ou une manifestation normale du vieillissement.

Les femmes sont 5 fois plus à risque de mourir d’une maladie cardiaque que d’un cancer du sein. Les maladies du cœur emportent 1 femme toutes les 20 minutes au pays.

En fin de compte, note le cardiologue, les femmes sont moins susceptibles que les hommes, beaucoup plus enclins à se présenter à l’urgence pour une douleur à la poitrine, de recevoir un traitement et des soins rapides. De plus, les symptômes peuvent être plus sournois chez les femmes et être confondus avec autre chose, comme la ménopause.

Le Dr Honos souligne également que d’un point de vue sociohistorique, les femmes ont plus tendance à prendre soin des autres membres de leur famille que de prendre soin d’elles, ce qui fait en sorte qu’elles peuvent tarder à consulter un médecin.

Une femme […] va nourrir la famille, va penser à toutes autres choses avant de se présenter à l’urgence, par exemple. Donc, ça, c’est un problème.

Georges Honos, cardiologue au CHUM

La sensibilisation, la clé

Le cardiologue insiste sur l’importance de continuer à faire un travail de sensibilisation auprès des femmes pour faire passer le message à propos des maladies du cœur qui les guettent. Les urgentologues doivent eux aussi être conscients de la réalité féminine relativement aux maladies cardiovasculaires, dit-il.

« L’urgentologue est moins sensibilisé au fait que les femmes peuvent être à risque d’une crise cardiaque. On intervient plus tard [auprès des femmes], et les dommages sont plus étendus. »

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