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Patrick Masbourian
Audio fil du mardi 4 décembre 2018

Français au Canada : dites-vous « mémère », « mamie » ou « grand-maman »?

Publié le

Le mot  « français » dans le dictionnaire
Avons-nous tous le même français? C'est ce que tente de comprendre André Thibault en cartographiant les différences linguistiques au Canada.   Photo : iStock

Les variations linguistiques relatives à l'usage du français au Canada intéressent au plus haut point André Thibault, spécialiste québécois de la géographie linguistique et professeur de français à l'Université Paris-Sorbonne, qui travaille présentement à l'élaboration d'un atlas sur les régionalismes du français au pays. « C'est un ouvrage qui va proposer des cartes en couleurs où les différences de prononciation et de vocabulaire vont ressortir », explique-t-il. Des milliers d'internautes de partout au pays ont d'ores et déjà répondu au questionnaire mis en ligne par son équipe.

Selon André Thibault, le livre permettra de montrer la vitalité du français au Canada et la façon dont la langue se différencie d'un endroit à un autre. Il souligne que cette enquête linguistique, menée depuis de nombreux mois, a mis en lumière certains faits intéressants et parfois inattendus à propos de l’utilisation de tel mot ou de telle expression.

Si, au Québec, la frontière linguistique entre ceux qui prononcent le mot « arrête » avec une voyelle brève (celle, par exemple, du mot « dette ») et ceux qui optent pour une voyelle longue (comme dans le mot « fête ») se trouve à mi-chemin entre Québec et Montréal, tout comme la frontière concernant les mots « poteau » et « baleine », il peut parfois y avoir des exceptions, note le chercheur.

Avant de faire cette enquête-là, on pensait que c’était tout l’est [du Québec] qui disait "poteau" [avec un "o" prononcé comme dans le mot "pote"], comme c’est le cas à Québec même, alors qu’en fait, [...] on a vu qu’au Saguenay-Lac-Saint-Jean, c’est plutôt "poteau" [avec un "o" prononcé comme dans le mot "eau"] qu’on préconise, comme à Montréal. Ça, c’est quelque chose qu’on ne savait pas.

André Thibault, spécialiste québécois de la géographie linguistique et professeur de français à l'Université Paris-Sorbonne

Dans certains cas, la frontière linguistique à propos de l’utilisation d’un mot ou d’une expression se situe clairement entre deux provinces. C’est le cas pour le mot « chocolatine ». Au Québec, le mot est maintenant largement utilisé depuis la fin des années 1990, mais les francophones de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick utilisent plutôt le mot « croissant au chocolat », créé du calque de l’anglais « chocolate croissant ».

Cette enquête a aussi permis de constater que l’âge des répondants joue un rôle dans la façon dont ils choisissent un mot pour exprimer une idée. André Thibault donne l’exemple du mot « grand-maman ». « "Mémère", c’est vraiment les gens très, très âgés qui vont encore dire ça. "Grand-maman", c’est les gens d’âge moyen, mais les jeunes, de nos jours, disent de plus en plus "mamie" pour désigner leur grand-mère. »

Une enquête qui suscite beaucoup d’intérêt

André Thibault se réjouit de voir que le questionnaire mis en ligne par son équipe a généré beaucoup de participation chez les francophones de partout au pays.

Je constate que […] les gens adorent les questions de langue. Le public raffole de ça. Je crois que les gens sont contents de voir leur réalité linguistique être représentée. Ils sont contents de voir qu’on s’intéresse à ça. […] Quand on s’intéresse à la façon dont les gens parlent, on va les chercher dans leur identité. Les gens sont très fiers. Ça leur montre qu’ils existent, que leur façon de parler est reconnue, qu’ils ne sont pas tous seuls dans leur coin à prononcer un mot de telle ou telle manière, mais que ça représente quelque chose qui peut concerner une région entière.

André Thibault, spécialiste québécois de la géographie linguistique et professeur de français à l'Université Paris-Sorbonne

Si vous souhaitez participer à cette enquête, CLIQUEZ ICI.

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