Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Patrick Masbourian
Audio fil du jeudi 22 novembre 2018

La lumière bleue de nuit liée à des taux deux fois plus élevés de cancer

Publié le

Silhouette de la tête d'un homme devant un écran d'ordinateur allumé.
Un homme assis devant un écran d'ordinateur.   Photo : iStock / Tommaso79

Une nouvelle étude statistique réalisée en Espagne révèle qu'il y a deux fois plus de cancers du sein et de la prostate chez les résidents exposés à la lumière bleue de lampadaires devant leur maison. « Nous avons nous-mêmes été énormément surpris par les résultats », explique Martin Aubé, astrophysicien et coauteur de l'étude.

Les preuves s’accumulent sur les effets nocifs de la lumière artificielle dite bleue ou blanche (froide) la nuit. Présente dans les lampadaires, les écrans ou l’éclairage des maisons, la lumière bleue bouleverse les cycles biologiques des animaux et des plantes, mais probablement aussi ceux des humains, comme le démontrent de plus en plus de recherches sur le sujet.

Ce problème serait lié, par exemple, à certaines ampoules à diode électroluminescente (DEL) qui tentent de reproduire plus fidèlement la lumière blanche du soleil, contrairement aux ampoules du même type qui produisent une lumière qui tire sur le jaune, semblable à la lumière des ampoules incandescentes d'autrefois.

« Normalement, l’hormone de mélatonine est produite dans l'obscurité, durant la nuit, raconte Martin Aubé. Lorsqu’on est en sommeil très profond, avec de la mélatonine dans le sang, on a des cellules précancéreuses qui vont être réparées par notre corps. On sait que la mélatonine est aussi un antioxydant extrêmement puissant, qui pourrait donc nous protéger contre le cancer. »

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont eu accès à des photos de nuit de Madrid et de Barcelone prises depuis la station spatiale. Cette recherche établit une relation statistique entre l’occurrence des cancers du sein ou de la prostate et la quantité de lumière dans la rue, en face de la résidence des gens.

On a deux fois plus de cancers si l'on habite dans une zone où il y a de la lumière blanche devant la maison.

Martin Aubé, astrophysicien

« Il y a encore des études à faire, par contre, parce qu’on n’a pas montré le lien de causalité, explique le scientifique. Je ne pourrais pas affirmer aujourd’hui que c’est la lumière bleue des DEL qui a donné le cancer. On ne peut pas dire ça. Pour y arriver, il faudrait faire des études avec des patients et les soumettre à ça. Et voir s’ils attrapent le cancer ou pas. Ce n’est pas fait encore. »

La pleine lune passe derrière un lampadère DEL.
Un lampadaire DEL à Winnipeg. Photo : Radio-Canada/Bert Savard

La lumière dans les chambres à coucher

La lumière artificielle dans les chambres à coucher intéresse maintenant le scientifique. Les gens qui consultent leur téléphone durant la nuit, même seulement pour quelques secondes, pourraient, sans le savoir, déséquilibrer une partie de leur système hormonal. Si de la lumière bleue entre dans l’œil, même en petite quantité, la production de mélatonine risque en effet de s’arrêter.

« On envoie au cerveau le message comme quoi le soleil se lève. Alors toute la cascade hormonale qui s’ensuit est déclenchée à ce moment-là. »

Des solutions à notre portée

Pour éviter trop de lumière bleue la nuit, le spécialiste recommande de choisir, dans les endroits où l'on vit le soir ou la nuit, des lumières DEL avec le niveau de kelvin le plus bas possible, ou ce qui est vendu comme de l’éclairage ambré. Souvent, sur l’emballage d’une ampoule, le niveau de kelvins est écrit en petits caractères sur le côté. Idéalement, un niveau de 2700 kelvins est plus acceptable qu’un niveau de 4000, par exemple. La lumière du soleil produit autour de 6000 kelvins.

On trouve aussi parfois les ampoules ambrées de 1800 kelvins dans les commerces. Ces ampoules sont moins susceptibles de stopper la production de la mélatonine et devraient donc être privilégiées dans les endroits de repos de fin de soirée.

En fait, le 2700 kelvins, pour la plupart des gens, c’est ce qui est le plus agréable, parce que c’est ce qui ressemble le plus à la bonne vieille ampoule incandescente qu’on avait dans le passé.

Martin Aubé, coauteur d'une étude statistique sur la lumière artificielle la nuit

Le même principe devrait s’appliquer aux lampadaires de rue. La Ville de Montréal vient d’ailleurs de changer son plan d’éclairage pour choisir en priorité des ampoules de 3000 kelvins, plutôt que de 4000.

Références :

« Evaluating the Association Between Artificial Light-at-Night Exposure and Breast and Prostate Cancer Risk in Spain (MCC-Spain Study) », publié sur le site web de Environmental Health Perspectives, avril 2018
« Attention à la lumière bleue », Pauline Gravel, publié sur le site web du quotidien Le Devoir, 20 novembre 2018
Éclairage à DEL et autres technologies efficaces, publié sur le site web d’Hydro-Québec

Chargement en cours