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Patrick Masbourian
Audio fil du mardi 30 octobre 2018

Surprotéger les enfants nuit à leur développement

Publié le

Une fillette grimpe dans un arbre.
Laissez-vous votre enfant grimper aux arbres? Si oui, il fait partie des seulement 11,6 % d’enfants québécois qui ont cette opportunité.   Photo : iStock

« Actuellement, on a juste à regarder dans un parc municipal comment les parents interagissent avec leur enfant par rapport à leurs jeux. On entend souvent : "Descends! Tu vas te faire mal! Fais attention!" [...] On est toujours en train de surprotéger nos enfants, alors que la prise de risque est une nécessité dans leur développement », plaide Mathieu Point, professeur au Département des sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). L'hypermédiatisation de certains incidents impliquant des enfants depuis quelques années serait en cause dans cette surprotection.

Celle-ci, qui se constate autant dans les centres de la petite enfance que dans les cours d’école ou les parcs publics, est contre-productive, dit Mathieu Point, qui collabore à Vifa, un nouveau webmagazine destiné aux parents. Il préconise une approche éducative qui laisse un peu plus de place au jeu libre, c’est-à-dire à un type de jeu pendant lequel le risque est présent.

Mathieu Point souligne, études à l’appui, que le jeu risqué permet à l’enfant de développer sa confiance en soi et son estime de soi. Des enfants privés de ce genre de jeu ou n’ayant pas eu l’occasion de jouer librement ont plus de chances de souffrir de troubles comme la dépression ou l’anxiété, ajoute-t-il.

À partir du moment où l’enfant développe une certaine gamme de gestes moteurs, où il commence à grimper, à courir, à pouvoir sauter, etc. L'adulte intervient de plus en plus, alors que c’est encore nécessaire pour le développement de l’enfant de sortir de sa zone de confort.

Mathieu Point, professeur au Département des sciences de l'éducation à l'UQTR

Retourner jouer dans la forêt

Selon Mathieu Point, il est important pour un parent de faire confiance à son enfant. « Les enfants sont capables de déterminer eux-mêmes ce qu’ils sont capables de faire », dit-il.

Il suggère notamment aux parents de limiter leurs interventions lorsque leur enfant prend un risque en jouant. Mathieu Point est aussi d’avis que la forêt devrait redevenir un terrain de jeu pour les enfants.

Il y a une certaine déconnexion avec la nature, alors que ce milieu-là apporte énormément sur le plan du développement de l’enfant, avec des bienfaits moteurs, psychologiques, [...] et on se rend compte que d’un point de vue social, les enfants qui font le plus de jeux risqués à l’extérieur développent plus de moyens d’interagir avec autrui.

Mathieu Point, professeur au Département des sciences de l'éducation à l'UQTR

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