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Patrick Masbourian
Audio fil du mercredi 29 août 2018

Herbe à poux : les changements climatiques et la pollution aggravent les allergies

Publié le

De nombreux Québécois souffrent d'allergies liées à l'herbe à poux.
Une femme éternue en raison de l'herbe à poux.   Photo : iStock

Vous souffrez du rhume des foins pendant l'été en raison de l'herbe à poux? Vous n'êtes pas au bout de vos peines : le réchauffement de la planète et la pollution ne feront qu'empirer vos symptômes allergiques, dit le Dr Pierre Gosselin, spécialiste des effets des changements climatiques sur la santé à l'Institut national de santé publique du Québec. L'augmentation du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère et la hausse des températures mondiales facilitent la croissance et la germination de l'herbe à poux.

« Le CO2, pour certaines plantes, est très efficace et augmente les nutriments disponibles. Ensuite, l’autre effet qui rend le pollen plus efficace pour créer des problèmes allergiques est lié au fait qu’il y a davantage de polluants dans l'atmosphère. Alors, les deux, ensemble, [font en sorte que] ça croît plus longtemps, ça croît mieux, c’est plus vigoureux », explique le spécialiste au sujet de l’Ambrosia trifida, communément appelée herbe à poux.

Une saison des allergies plus longue

En raison des changements climatiques, la saison pollinique de l'herbe à poux s’est d’ailleurs allongée de trois semaines depuis une trentaine d’années. « [Le temps plus chaud] permet à la plante de grossir davantage, de fleurir plus tôt et de produire davantage de pollen. [...] C’est une conjoncture parfaite, avec le CO2 qui agit comme un engrais. »

Depuis 20 ans, le nombre de personnes affectées par l’herbe à poux a doublé au Québec. « C’est fulgurant comme développement, comme croissance », observe Pierre Gosselin. Aujourd’hui, environ 20 % des Québécois souffrent d’allergies attribuables aux différents pollens. Pour plus de la moitié d’entre eux, la principale cause de leur allergie est l’herbe à poux.

Cartographier l’herbe à poux

Avec un collègue, Pierre Gosselin travaille à un projet de cartographie de l’herbe à poux à l’aide d’images satellitaires. Pour la région de Montréal, par exemple, les deux spécialistes ont été en mesure de détecter l’emplacement de colonies importantes d’herbe à poux, ce qui pourrait faciliter l’intervention des employés municipaux chargés de lutter contre cette plante indésirable.

Pour le moment, la double tonte semble être la méthode la plus efficace pour lutter contre cette plante, explique Pierre Gosselin. Cette méthode, contrairement à une tonte normale, consiste à couper les plantes une première fois à la mi-juillet, et une deuxième fois à la mi-août afin de réduire au maximum la quantité de pollen qui est libéré.

Les scientifiques ont noté que cette méthode générait de meilleurs résultats que la méthode initiale. « Quand on coupait le 15 juillet seulement, la plante avait le temps [...] de refleurir et de reproduire du pollen. Quand on la coupe deux fois, à un mois d’intervalle, on réussit à diminuer de 9 à 10 fois la quantité de pollen qui est émis, et à diminuer par 5 la quantité de semences qui est produite par ces plantes pour se reproduire. »

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