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Patrick Masbourian
Audio fil du samedi 2 avril 2016

Avoir plusieurs passions, la clé du bonheur

Publié le

Robert Vallerand, professeur au Département de psychologie de l’UQAM et titulaire de la Chaire sur les processus de motivation et le développement de la passion.
Robert Vallerand, professeur au Département de psychologie de l’UQAM et titulaire de la Chaire sur les processus de motivation et le développement de la passion.   Photo : Radio-Canada/Stéphanie Dufresne

Les 5 % des gens les plus heureux ont plus d'une passion et les cultivent de manière harmonieuse. C'est ce qu'ont constaté le professeur Robert Vallerand et son équipe de la Chaire sur les processus de motivation et le développement de la passion de l'UQAM. Le chercheur se fait rassurant : la façon dont les parents encouragent leurs enfants peut faire la différence entre une passion harmonieuse et une passion obsessive. 

« Le comportement humain est mu par des processus motivationnels, et un des plus puissants, c'est celui de la passion, explique le professeur Vallerand. D'où l'importance de se pencher sur les passions et leur développement. Les passions ne sont pas que des intérêts passagers. Elles se définissent par trois caractéristiques : elles sont récurrentes, on y consacre en moyenne 7 à 8 heures par semaine, et elles finissent par nous définir d'un point de vue identitaire. »

Passions harmonieuses et passions obsessives
Les passions ne sont pas toujours saines, a constaté le chercheur dans ses études. Celui-ci établit une distinction entre les passions harmonieuses et les passions obsessives. Les passions obsessives sont caractérisées par la rumination et sont un des premiers facteurs annonciateurs de surmenage lorsqu'elles s'ancrent dans le travail.

Ce n'est pas tant une question d'heures consacrées que de capacité à décrocher.

Les passions nous permettent de croître et de se dépasser, mais si on s'y investit trop, le dépassement de soi passe en second lieu, et c'est sur l'activité elle-même qu'on met l'accent à travers l'investissement de la personne. Robert Vallerand donne l'exemple de danseurs qui pratiquent le ballet pour le plaisir. Ceux dont la passion est harmonieuse seront capables d'arrêter après une blessure, le temps de bien guérir, tandis que ceux pour qui elle est obsessive n'arriveront pas à prendre la pause nécessaire et risquent de développer des blessures chroniques qui les forceront éventuellement à arrêter pour de bon.

Comment une passion devient-elle obsessive?
« Le rôle des parents est très important. » À l'enfance et à l'adolescence, une période où l'on est en quête d'identité, les jeunes qui se font imposer une activité par leurs parents peuvent ressentir une pression qu'ils intériorisent. Il peut être difficile pour les parents d'accepter que leurs enfants développent une passion différente de la leur. 

Le plus beau cadeau que des parents puissent faire à des enfants, c'est de prendre l'approche cafétéria pour des activités : le buffet est là, choisis, mais va jusqu'au bout.

Robert Vallerand, professeur au Département de psychologie de l'UQAM

Les sans-passion
Le chercheur estime qu'environ 15 à 20 % des gens n'ont pas de passion à proprement parler. Les prochaines recherches de la chaire porteront notamment sur ce segment de la population afin de comprendre d'où vient le phénomène. « Il y a une pression sociale qui dit que si on est passionné, on devrait être bon », avance-t-il.

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