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Les éclaireurs

Avec Patrick Masbourian

Plaidoyer d’un médecin en appui aux infirmières

Audio fil du mardi 6 février 2018
Une infirmière semble épuisée par son travail.

Les conditions de travail des infirmières se sont détériorées au Québec depuis quelques décennies.

Photo : iStock

Dans la foulée du cri du cœur lancé par Émilie Ricard sur sa page Facebook et de la tempête médiatique qui a suivi, le Dr Simon-Pierre Landry se montre solidaire aux revendications des infirmières. Il décrit leurs difficiles conditions de travail et propose des pistes de solution pour améliorer leur situation.

Omnipraticien et et chef de l’urgence de l’Hôpital Laurentien, Simon-Pierre Landry donne son point de vue de médecin sur le travail de ses collègues. Selon lui, le témoignage d’Émilie Ricard exprime un vrai problème de détresse et d’anxiété lié à des conditions de travail malsaines.

Une perte de contrôle face à de grandes responsabilités
En plus d’avoir à donner des soins, les infirmières doivent savoir reconnaître des situations potentiellement dangereuses pour les patients. Or, comme l’a signalé Émilie Ricard, le système de santé ne leur donne pas toujours les ressources et les pouvoirs pour intervenir comme elles le croient nécessaire.

« Les patients sont beaucoup plus malades et compliqués à traiter qu’avant. Cela prend plus de temps. » Simon-Pierre Landry explique la détérioration des conditions de travail des infirmières par l’alourdissement des tâches lié au vieillissement de la population et au développement technologique des soins.

Des heures supplémentaires obligatoires utilisées à outrance
Des gestionnaires d’hôpitaux ont commencé à utiliser les heures supplémentaires obligatoires comme une mesure de gestion pour contrôler les coûts à court terme, alors qu’elles devraient être exceptionnelles. Selon le médecin, l’épuisement professionnel entraîné par ce mode de gestion coûte plus cher aux établissements à long terme.

Les gestionnaires veulent avoir des infirmières vraiment juste quand ils en ont besoin sans égard à ce que ça peut représenter sur leur vie familiale, sur la conciliation travail-famille. [… ] Il faudra embaucher plus d’infirmières. Et si certaines préfèrent travailler à temps partiel, le système devra s’adapter à leur demande.

Simon-Pierre Landry, médecin

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