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Après-cancer : des soins et suivis inadéquats au Canada

Les éclaireurs

Avec Patrick Masbourian

Après-cancer : des soins et suivis inadéquats au Canada

Audio fil du mardi 6 février 2018
Au Canada, une personne sur deux devrait faire face au cancer au cours de sa vie.

Au Canada, une personne sur deux devrait faire face au cancer au cours de sa vie.

Photo : iStock / Ridofranz

Un récent rapport du Partenariat canadien contre le cancer révèle que même si la maladie est bien traitée au pays, de nombreux patients présentent des effets secondaires physiques et émotionnels qui, bien des fois, ne sont pas traités de façon adéquate. « On met beaucoup de ressources dans les traitements [...], mais on ne met pas assez de ressources dans l'après-traitement », dit Tarek Hijal, radio-oncologue au Centre universitaire de santé McGill et porte-parole du rapport.

Intitulée Vivre avec un cancer : rapport sur l’expérience du patient, l’étude pancanadienne a été menée auprès de 13 000 Canadiens atteints d’un cancer. Elle met en lumière les nombreuses difficultés que les patients éprouvent pendant leur période de rémission.

Voici quelques faits saillants de l’étude :

  • 8 patients sur 10 ont dit avoir éprouvé des difficultés physiques après la fin du traitement, une fatigue accrue et des changements relatifs à l'activité sexuelle;
  • 7 patients sur 10 ont indiqué avoir vécu des difficultés émotionnelles après la fin du traitement. La peur d'une récidive du cancer et la dépression étaient leurs plus grandes préoccupations;
  • 4 patients sur 10 ont dit avoir éprouvé des difficultés pratiques après la fin de leur traitement, notamment en ce qui a trait au retour au travail ou à l'école, ainsi que des problèmes financiers.

Bien souvent, l’accompagnement et le suivi après la maladie font défaut, explique Tarek Hijal.

Imaginez pendant six mois, un an, voire plus longtemps, vous êtes à l’hôpital, très bien suivi, et soudainement, du jour au lendemain, on vous dit : "C’est terminé, on vous revoit dans trois mois." Ça cause énormément d’anxiété chez beaucoup de patients qui ont peur d’une récidive du cancer.

Tarek Hijal, radio-oncologue au Centre universitaire de santé McGill

En quête de solutions
Pour combler les lacunes observées dans l'expérience des patients atteints de cancer, le Partenariat canadien contre le cancer réclame des changements dans le système de santé.

L’organisme plaide en faveur d’une meilleure collaboration avec les gouvernements provinciaux, les organismes et programmes de lutte contre le cancer, et d'autres organismes du secteur de la santé pour mettre en place des outils qui, entre autres, permettront aux patients de signaler à leur médecin, en temps réel, les détails de leurs symptômes.

Le Dr Tarek Hijal, radio-oncologue du Centre universitaire de santé McGillAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Dr Tarek Hijal, radio-oncologue du Centre universitaire de santé McGill

Photo : Radio-Canada / Pascal Michaud

« La réalité, c’est qu’on peut faire quelque chose pour aider les patients : ceux qui sont anxieux ou déprimés, on peut les référer au service de psychologie ou d'oncopsychologie », dit Tarek Hijal.

Ce dernier prend l’exemple d’initiatives mises de l’avant dans des hôpitaux de Montréal où les patients, à la fin de leurs traitements, reçoivent des brochures d’informations les informant de tous les principaux problèmes qu’ils pourraient rencontrer et quelles ressources ils peuvent utiliser pour résoudre leurs problèmes, que ce soit les personnes à contacter, les livres à lire ou les ressources en ligne à consulter.

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