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Patrick Masbourian
Audio fil du mardi 28 mai 2019

Le mutisme sélectif chez l’enfant doit être pris en charge le plus tôt possible

Publié le

Une fillette se terre dans le mutisme.
Le mutisme sélectif est un trouble que le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) classe parmi les troubles anxieux.   Photo : iStock

« Si un mutisme n'est pas traité [lorsque l'enfant est] jeune, plus tard, celui-ci peut développer d'autres sortes de troubles psychologiques, psychiatriques ou anxieux », explique l'orthopédagogue Geneviève Bérubé au sujet de mutisme sélectif. Caractérisé par l'incapacité régulière d'une personne à parler dans des situations sociales spécifiques, ce trouble, plutôt rare, doit être pris en charge dès que ses premiers signes se manifestent, selon l'auteure du livre 10 questions sur... le mutisme sélectif.

Le mutisme sélectif fait en sorte que l’enfant, qui peut s’exprimer correctement avec sa famille, se terre dans le silence lorsqu’il se retrouve dans certaines situations, comme à l’école.

Geneviève Bérubé affirme qu’il faut intervenir tôt pour diminuer les risques que l’enfant s’isole dans le silence. Citant les travaux du psychologue américain Steven Kurtz, elle souligne le fait que 90 % des enfants guérissent lorsqu’une intervention est faite entre 4 et 7 ans.

Plus on attend pour intervenir, plus c’est difficile de revenir à des situations où [l’enfant] va être courageux, parce que le silence est renforcé plusieurs fois par jour. [...] Donc, plus l’enfant est en silence dans des situations qui le rendent inquiet, plus il s’ancre dans son mutisme.

Geneviève Bérubé, orthopédagogue

L'orthopédagogue dit qu’il faut distinguer la timidité du mutisme sélectif. « La timidité finit par passer, et ça n’interfère pas avec le fonctionnement quotidien de l’enfant, tandis que le mutisme, oui. Donc, l’enfant va persister dans son silence, jusqu’à tant qu’on intervienne. »

Du cas par cas

De nombreuses stratégies peuvent être mises de l’avant pour aider les enfants aux prises avec ce trouble. « Il faut y aller selon l’enfant. Par contre, ce qui a vraiment été émis dans les recherches, c’est de désensibiliser [l’enfant] graduellement », note Geneviève Bérubé.

Dans un premier temps, l’intervention peut nécessiter la collaboration de la famille, du milieu scolaire et même des amis de l’enfant en question.

« La première étape qui est établie, si l’enfant ne parle pas à l’enseignant, va être de le prendre à part avec un ami, et de faire des jeux. On commence par le non-verbal, et tranquillement, on va introduire certains sons, certaines syllabes, et vraiment y aller comme ça jusqu’à la parole. Éventuellement, quand l’enfant est à l’aise avec plusieurs personnes qui auront été tranquillement, une à la fois, introduites à ce petit groupe-là, on pourra transférer la parole dans la classe. »

Si, malgré les interventions mises en place, le problème persiste, l’enfant peut consulter un pédopsychiatre, entre autres choses.

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