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Patrick Masbourian
Audio fil du mardi 16 avril 2019

La singulière intelligence des enfants autistes

Publié le

Un enfant autiste joue avec des voiturettes.
L'intelligence des enfants autistes est différente.   Photo : iStock

« On a longtemps sous-estimé l'intelligence des personnes autistes, et je pense qu'il est temps d'apprécier les forces qu'elles ont et d'essayer de les valoriser dans notre société », dit Isabelle Soulières, professeure au Département de psychologie et titulaire de la Chaire de recherche pour l'optimisation du potentiel cognitif des personnes autistes à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Dans un article paru dans le magazine français La recherche, elle explique que l'intelligence chez les enfants présentant un trouble du spectre de l'autisme est simplement différente et singulière.

Selon Isabelle Soulières, les études ont longtemps surestimé la prévalence de la déficience intellectuelle chez les enfants autistes, soit parce qu'on la mesurait trop tôt dans le développement de l'enfant, soit parce qu'on n'utilisait pas les bons outils pour évaluer les habiletés intellectuelles des personnes autistes.

La professeure observe que, depuis quelques années, les chercheurs comprennent mieux qu'il existe une intelligence autistique reposant sur un fonctionnement cérébral distinct, c’est-à-dire sur une manière différente qu’ont les enfants autistes de raisonner et de traiter l'information.

« Ils ont un potentiel de raisonnement qui est là, puis si on adapte notre façon de leur enseigner, si on adapte leur environnement, il y a moyen d’aller chercher plus chez eux », plaide Isabelle Soulières, qui travaille avec des enfants autistes depuis de nombreuses années.

J’ai fait de la recherche avec des enfants autistes non verbaux dans des écoles spécialisées, des enfants qui avaient une étiquette de déficience intellectuelle, puis même chez ces enfants-là, pas tous, mais chez certains, on a été capable de montrer des capacités de raisonnement dans la normale pour les enfants de leur âge, quand on leur présentait un test de manière non verbale qui était adapté à eux.

Isabelle Soulières, professeure

Selon Isabelle Soulières, il est impératif que cette adaptation se fasse en milieu scolaire, mais également en milieu du travail, car elle aura des répercussions à long terme sur la vie des personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme. « On a un double défi, [qui est] à la fois d'adapter l’école pour les jeunes enfants, et aussi, plus tard, d’adapter le milieu du travail pour ces adultes-là, qui ont quelque chose à apporter à la société ».

Environ 1 % de la population présente un trouble du spectre de l’autisme.

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