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Isabelle Craig
Audio fil du mercredi 10 avril 2019

Vivre en résidence quand on est une personne âgée LGBT

Publié le

Deux femmes âgées souriant en se regardant. L'une enlace l'autre autour des épaules.
Le milieu des aînés demeure très fermé à la diversité sexuelle, selon le chargé de programme de la Fondation Émergence Julien Rougerie.   Photo : iStock / monkeybusinessimages

Les hommes et les femmes non hétérosexuels sont invisibles chez les 65 ans et plus. « Très, très peu de personnes vivent ouvertement leur homosexualité ou leur bisexualité chez les aînés », explique Julien Rougerie, responsable du programme Pour que vieillir soit gai, de la Fondation Émergence. Cette fermeture à la diversité sexuelle aurait pour causes principales l'homophobie vécue par les aînés, la plus grande vulnérabilité des personnes âgées ainsi que l'hétéronormativité des services de la santé.

Chez les 65 ans et plus, 1,6 % des personnes se déclaraient homosexuelles ou bisexuelles lors du recensement 2015 de Statistique Canada, alors qu’elles représentent environ 10 % de la population.

Cette disparité est d’abord un phénomène générationnel. Julien Rougerie souligne que les acquis de la communauté LGBT sont encore très récents et que les générations plus âgées ont eu à cacher leur orientation sexuelle par peur des préjugés et de la violence.

Elles ont dû se cacher pour survivre. Au Canada, jusqu’en 1969, c’était la prison [pour les personnes homosexuelles]. On pouvait perdre son travail ou son logement parce qu’on est gai ou lesbienne jusqu’en 1977 au Québec et jusqu’en 1996 au fédéral.

Julien Rougerie, chargé de programme à la Fondation Émergence

Ces générations ont aussi à composer avec beaucoup d’isolement social en raison du manque de soutien familial lié à leur parcours de vie. « Beaucoup d’aînés LGBT ont dû quitter leur famille ou ont été rejetés par leur famille », précise Julien Rougerie.

Les milieux de la santé, pas si hospitaliers

En raison de leur vulnérabilité physique et de leur dépendance envers les intervenants de la santé, l’énorme majorité des personnes âgées LGBT ne souhaitent pas révéler leur orientation. Craignant de subir de la stigmatisation et de recevoir des soins de moins bonne qualité, plusieurs d’entre elles cherchent à se dérober des activités sociales et des services de la santé.

Ce qu’on observe dans les études, c’est que les aînés LGBT évitent toute situation de socialisation. Parce que très, très vite, on va devoir divulguer son orientation dans une conversation. On s’en rend moins compte quand on est hétérosexuel, mais on divulgue tout le temps son orientation sexuelle.

Julien Rougerie, chargé de programme à la Fondation Émergence

Des petites actions qui font du bien

Afin de favoriser le bien-être et la défense des droits des personnes LGBT, le programme Pour que vieillir soit gai offre depuis quelques années une formation de 1 h 30 dans les résidences. Julien Rougerie se désole qu’il soit encore difficile pour son organisme de donner cette formation dans les CHSLD et les établissements privés. Il indique qu’il y a encore peu de ressources pour les aînés LGBT et invite les intervenants de la santé et le public à être proactifs à travers plusieurs petites actions. « C’est une question d’attitude et de ponctuer ses activités de microsignes d’ouverture », explique-t-il.

QUELQUES BONNES PRATIQUES

Employez un discours inclusif
Évitez de supposer par défaut que tout le monde est hétérosexuel ou cisgenre.

Ne présumez pas l’orientation sexuelle (ou l’identité de genre) d’une personne
Si vous croyez qu’une personne aînée est LGBT et que vous estimez être suffisamment proche d’elle, commencez par vous intéresser à son histoire et aux personnes qui lui sont proches.

Réagissez aux propos homophobes ou transphobes
Tout comme les propos sexistes et racistes, il est important de réagir et montrer que vous n’approuvez pas ces attitudes.

Parlez d’homosexualité et d’identité de genre
Lorsque la situation s’y prête, n’hésitez pas à en parler au personnel et aux usagers, de façon que cette réalité surgisse de temps en temps et ne constitue plus un tabou.

Souvenez-vous qu’être LGBT n’est qu’un aspect parmi d’autres de la vie des personnes aînées concernées
Évitez d’attribuer tous leurs problèmes à leur identité sexuelle ou de genre, ou de trop focaliser sur cet aspect de leur identité.

Respectez la confidentialité des personnes LGBT
Ne divulguez jamais l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne sans son consentement. Sinon lorsqu’elle s’en apercevra, la personne pourrait perdre confiance et s’isoler davantage. Cela pourrait aussi en décourager d’autres à parler ouvertement.

(Extraits du guide d’information « Assurer la bientraitance des personnes aînées lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans » de la Fondation Émergence)

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