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Isabelle Craig
Audio fil du lundi 25 mars 2019

Le jeu pour intéresser les jeunes aux mathématiques

Publié le

Deux planches où l'on a creusé des petites cavités où sont déposées des cailloux.
Les jeux de la famille mankala sont plus que millénaires. Ils sont joués encore aujourd'hui un peu partout en Afrique, mais également en Amériques, en particulier dans les Antilles.   Photo : Université de Montréal / Amélie Philibert

La professeure de didactique des mathématiques Louise Poirier a développé avec de jeunes élèves, en particulier de milieux défavorisés ou multiethniques, des stratégies pour apprendre les mathématiques par le jeu. Le cours de maths est devenu ludique, et le taux d'absentéisme a diminué dans les écoles visées.

« Les élèves faibles en mathématique se sont avérés les meilleurs dans les jeux de stratégie », explique la doyenne sortante de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal. « Le regard des autres a changé, le regard de l’enseignante sur eux a changé, l’estime de soi a changé. »

En plus d’écoles à Montréal, Mme Poirier a aussi travaillé avec certaines communautés inuites, dans lesquelles elle a retrouvé le même type de comportement chez les élèves moins performants. Les enfants moins intéressés par les mathématiques développent souvent des stratégies complexes pour leur vie à l’extérieur des classes.

« C’est comme s’il y avait deux mondes parallèles qui se développaient et que les maths de l’école n'avaient rien à voir, pour ces enfants-là, avec la vie courante, ajoute la professeure Louise Poirier. Et si l'on pouvait faire le pont, peut-être qu’on les aiderait à réussir, puisqu’ils ont développé des stratégies cognitives de haut niveau. »

Une boite en boite au fond vert qui contient douze morceaux de bois alignés sur une tige de métal et un dés en plastique transparent avec un autre dé rouge à l'intérieur.
Le jeu « referme les boîtes » contient un dé dans un dé et des chiffres gravés sur des morceaux de bois pivotants. Photo : Université de Montréal/Amélie Philibert

Ethnomathématique : travailler dans des milieux multiethniques

À Montréal, en particulier dans les milieux où les parents d’élèves sont en grande partie des immigrants, elle travaille avec des jeux traditionnels, souvent communs à différentes cultures. Des jeux ouest-africains ou égyptiens très simples font appel à la stratégie ou aux calculs et permettent d’engager certains parents dans la réussite de leurs enfants.

C’est un outil parmi d’autres, mais un outil intéressant et important, surtout à Montréal dans un milieu pluriethnique.

Louise Poirier, professeure de didactique des mathématiques à l’Université de Montréal

« Toutes les cultures ont développé le nombre pour exprimer des grandeurs, des quantités, et opérer sur ces quantités, mais pas nécessairement de la même façon », explique Louise Poirier

Les mathématiques sont un produit culturel développé différemment par les sociétés de l’histoire, certains à base de 10, mais aussi d’autres à base de 20, par exemple chez les Inuits. Et dans toutes les cultures, la plupart des jeux sont basés sur des principes mathématiques.

Toutes les cultures ont développé le jeu, et du jeu découle la probabilité.

Louise Poirier, professeure de didactique des mathématiques à l’Université de Montréal

Cinq trousses de jeux didactiques pour apprendre les mathématiques, développées par Mme Poirier et l’une de ses collègues, sont offertes grâce au programme Une école montréalaise pour tous dans certains établissements en milieu défavorisé.

« Ce sont des fonctions cognitives de haut niveau qu’on va mettre en place, dit-elle. Ce sont des stratégies que l’on va trouver aussi dans la résolution de problèmes mathématiques. Et si l’on peut faire le lien entre ce qu’on a développé dans le jeu et la résolution de problèmes mathématiques, on vient de faire un pas en avant. »

Références :

Site web de L’extension, centre de soutien en pédagogie et en santé
Banque de jeux pour l'apprentissage des mathématiques au primaire, Nadine Bednarz et Louise Poirier, publié par la maison d'éditions Modulo
« Jouer à des jeux millénaires pour apprendre les mathématiques d’aujourd’hui? », Dominique Nancy, publié sur le site web de l’Université de Montréal

Une planche en bois colorées et quadrillée par des lanières de bois.
Ce jeu mésopotamien, dont voici une réplique à l'identique d'une version qui se trouve au Musée de Londres, se nomme Royal d'Ur et aurait environ 4000 ans. Photo : Université de Montréal/Amélie Philibert

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