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Patrick Masbourian
Audio fil du mardi 12 mars 2019

Le difficile retour au bercail des travailleurs humanitaires

Publié le

Un médecin soigne un enfant dans un pays du sud.
Les travailleurs humanitaires forment une communauté de quelque 400 000 professionnels dans le monde.   Photo : Getty Images / laflor

Après avoir été témoins de la guerre et d'horribles tragédies, les travailleurs humanitaires vivent parfois difficilement leur retour au pays. Dix d'entre eux racontent leur parcours dans Partir, revenir, mourir un peu, un ouvrage dirigé par François Audet, directeur de l'Observatoire canadien sur les crises et l'aide humanitaires et professeur à l'École des sciences de la gestion (ESG) de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Le professeur a lui-même travaillé dans des organisations humanitaires pendant une quinzaine d’années, et ce, sur trois continents différents. Revenu au Canada il y a six ans, il considère faire partie de la première vague de travailleurs humanitaires canadiens de retour au pays. Beaucoup ont été recrutés par des organisations comme la Croix-Rouge à la suite du génocide rwandais, au milieu des années 1990.

Quand les gens reviennent, ils sont laissés à eux-mêmes. [...] Il n’y a pas de ressources professionnelles, pas de communauté.

François Audet, directeur de l’Observatoire canadien sur les crises et l’aide humanitaires et professeur à l’ESG de l’UQAM

La difficulté du retour au bercail des travailleurs humanitaires s’explique aussi par le fait que leur contribution n’est pas reconnue, autant sur le plan professionnel que par l'entourage, selon M. Audet.

Au Canada, on est très déconnectés de ce qui se passe dans le monde [...] On n'a pas, ou peu, été en guerre [...] Ce sont des tragédies qui paraissent loin.

François Audet, directeur de l’Observatoire canadien sur les crises et l’aide humanitaires et professeur à l’ESG de l’UQAM

Ce manque de reconnaissance a aussi à voir avec l’amalgame du professionnel humanitaire avec l’« amateur », celui qui revient d’un séjour de « volontourisme » de deux semaines en Afrique, tient à ajouter M. Audet. Or, il souligne qu'il ne faut pas confondre les adeptes de « volontourisme » avec la communauté de quelque 400 000 travailleurs humanitaires qui oeuvrent au sein de différentes organisations locales ou internationales dans le monde.

Parmi eux, les Canadiens sont particulièrement bien représentés, selon M. Audet. « Le Canada est un passeport à avoir dans bien des régions du monde. [...] On est assez bien reçus. »

Il souligne toutefois que la très grande majorité des travailleurs humanitaires sont des gens du coin qui « continueront de voir les bombes leur tomber sur la tête ».

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