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Patrick Masbourian
Audio fil du lundi 11 mars 2019

Minimaisons : du rêve à la réalité

Publié le

Une mini-maison dans la forêt.
Les minimaisons sont souvent présentées comme une façon de vivre en harmonie avec la nature.   Photo : Benjamin Chun

Les minimaisons font rêver. Sur les réseaux sociaux, ces petits logis sont présentés comme une façon de vivre en communion avec la nature. L'idée reste toutefois difficile à concrétiser au Québec, remarque Guillaume Lessard, qui a analysé le phénomène dans le cadre de son doctorat en études urbaines à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS).

La réglementation municipale est souvent un frein pour ceux qui veulent concrétiser ce type projet : « Beaucoup de municipalités se posent des questions […] Ces maisons-là sont plus petites, elles valent moins cher et rapportent moins d’impôt foncier. »

Il ajoute qu’au Québec, le Code de la construction impose des superficies intérieures minimales difficiles à respecter dans le cas d’une maison d’à peine 28 mètres carrés.

Or, selon Guillaume Lessard, la province et les municipalités gagneraient à adapter leur réglementation pour permettre les minimaisons de « fond de cour », comme cela se fait à Vancouver et en Ontario.

Il considère que cette option est plus intéressante qu’un logement de sous-sol pour des arrangements intergénérationnels avec des parents retraités, par exemple. « Tu peux avoir une belle minimaison design, sans les petites fenêtres et l’humidité d'un logement de sous-sol. »

C’est intéressant pour les jeunes retraités, mais aussi pour les jeunes ménages.

Guillaume Lessard, candidat au doctorat à l’INRS

Un coût prohibitif

La réglementation n’est pas le seul obstacle au développement des minimaisons au Québec. Le coût s’avère aussi souvent prohibitif. « Il y a deux fois moins de matériaux, mais en ce qui concerne la main-d’œuvre, ce n’est pas la même proportion », explique le doctorant.

À ce propos, il souligne que des études américaines proposent comme solution une augmentation de l’offre en matériaux préfabriqués adaptables, pour permettre la construction de modules supplémentaires.

Autre obstacle non négligeable : le climat québécois. Le concept des minimaisons a été développé sur la côte ouest américaine, avec l’idée de compenser le petit espace intérieur par l’extérieur.

Ta cour, c’est comme un agrandissement de ta maison parce qu’il fait chaud à longueur d'année. Au Québec, c’est l’hiver six mois par année.

Guillaume Lessard, candidat au doctorat à l’INRS

Malgré ces obstacles, il demeure convaincu que le concept peut s’adapter à la réalité québécoise. Il donne l’exemple du Petit quartier, à Sherbrooke. Cette coopérative de 73 propriétaires comporte un bâtiment qui appartient à tous pour compenser la perte d’espace habitable en hiver.

Il ajoute que plusieurs municipalités adaptent leur réglementation pour accueillir ces micro-demeures. C'est le cas par exemple à Gatineau et à Trois-Rivières.

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