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Patrick Masbourian
Audio fil du jeudi 7 mars 2019

Adolescents et sextos : la pression est forte

Publié le

Une jeune femme observant, amusée et surprise, le contenu de son téléphone mobile. Elle est au lit, vêtue d'un chemisier blanc.
Surprise lors de la réception d'un sexto   Photo : iStock

Les études récentes montrent que de 15 à 25 % des adolescents s'adonnent régulièrement au sextage : une pratique de plus en plus généralisée dans le processus de séduction et de découverte de la sexualité. « Si certains le font en tout consentement, d'autres semblent obéir à une forte pression des pairs, et ça peut être dangereux », explique Edith St-Jean-Trudel, psychologue et enseignante au Cégep de Saint-Jérôme.

Même si les données varient beaucoup d’une étude à l’autre et que la littérature scientifique commence à peine à se pencher sur le phénomène, les chiffres paraissent élevés et peuvent surprendre même les spécialistes de la psychologie adolescente. Il ne faut pas pour autant s’alarmer, affirme Edith St-Jean-Trudel.

Dans certains cas, le sextage est fait dans un climat sain. Ça fait partie, à notre époque, du processus de découverte de la sexualité et de l’identité sexuelle. C’est une façon pour les adolescents de communiquer leur intérêt sexuel, d’initier ou de maintenir une relation amoureuse ou sexuelle. Les études commencent à démontrer, par exemple, que certains adolescents, dans le cadre d’une relation stable, sont plus à l’aise de faire du sextage que d’avoir une relation sexuelle réelle.

Edith St-Jean-Trudel, psychologue et enseignante au Cégep de Saint-Jérôme

« Pour certains adolescents, l’envoi de messages et de photos à caractère sexuel constitue une première étape dans l’appropriation de la sexualité conjugale, précise notre invitée. Cette étape semble assez saine et positive, mais la ligne est mince : il y a des risques au sextage si le consentement n’est pas au rendez-vous. »

Or, le consentement, dans ce contexte, n’est pas toujours facile à évaluer. Selon les études, les adolescentes rapportent souvent qu’elles sont consentantes, mais aussi qu’elles ont peur de perdre leur copain ou d’être la risée de moqueries si elles ne s’adonnent pas au sextage. Ce sont des cas de consentement flou ou incomplet.

Connaître la loi

Edith St-Jean-Trudel recommande aux adolescents de s’informer au sujet des lois en vigueur avant de s’adonner au sextage, même quand celui-ci leur paraît inoffensif. Depuis 2015, le partage de photos intimes sans le consentement de la personne photographiée est criminel. Les accusés risquent une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans.

Pour les 18 ans et moins, ça se complique : les images peuvent être considérées comme de la pornographie juvénile et mener à de graves accusations de production et de possession pornographique. « Mais ça peut encore changer, prévient Edith St-Jean-Trudel. En cette matière, il faut suivre de près la jurisprudence, qui est en pleine ébullition. »

Une bonne nouvelle : la sensibilisation fonctionne bien auprès des adolescents. Ils semblent aujourd’hui nombreux à connaître les risques de leurs pratiques de sextage.

Quelques références :

« What Should I Do?: Young Women’s Reported Dilemmas with Nude Photographs », Sara E.Thomas, publié sur le site web de Sringer Science+Business Media, décembre 2017
« Les pratiques de sextage chez les adolescents : état de la situation actuelle et étude sur la contribution de certains déterminants associés au phénomène », François Nadeau, publié sur le site web de l’Université Laval, avril 2018
« Document sur le jugement de la Cours Suprême du Canada », publié sur le site web de Lexum, janvier 2001

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