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Patrick Masbourian
Audio fil du mercredi 7 novembre 2018

Bien avant d’être associés à la marine, les tissus rayés étaient les vêtements du mal

Publié le

Un pêcheur porte un vêtement à rayures.
Un pêcheur vêtu d'un t-shirt rayé.   Photo : iStock

« Aujourd'hui, on associe les tissus rayés aux marins, sauf qu'ils ont existé bien avant d'être associés à la marine, et ils ont d'abord eu une connotation très négative », note Madeleine Goubau, journaliste spécialisée en mode, à propos des vêtements à rayures, qui ont une histoire fascinante. Au Moyen-Âge, ils n'étaient portés que par des exclus, comme les hérétiques, les lépreux, les bourreaux et les prostituées. Ce n'est que vers le 15e siècle que les rayures ont cessé de revêtir un symbole d'exclusion.

« Une foule de textes de l’époque nous sont parvenus jusqu’à aujourd’hui et font état d’épisodes de désordre social où il est question de vêtements rayés », mentionne Madeleine Goubau, qui s'est régalée à la lecture de l'ouvrage L’étoffe du diable : une histoire des rayures et des tissus rayés, écrit par l'historien médiéviste français Michel Pastoureau.

Un de ces épisodes a été celui des Carmes, ces religieux originaires de Palestine qui sont arrivés à Paris en 1254 vêtus de manteaux rayés. Pendant plus de 25 ans, le Vatican a tenté de leur faire abandonner leurs rayures. Cet événement a d’ailleurs mené à l’interdiction absolue pour les religieux de tous les ordres de porter des habits rayés.

Un homme porte un t-shirt rayé.
Les vêtements à rayures n'ont pas toujours eu bonne presse, raconte Madeleine Goubau. Photo : iStock/KristinaJovanovic

Le rayé associé à la méchanceté

Pendant longtemps, les rayures ont été associées à des personnages méchants dans les arts, notamment la littérature, fait remarquer Madeleine Goubau. Et ce sont surtout les rayures horizontales et obliques qui ont eu, au fil du temps, une connotation péjorative.

Ces motifs ont moins fait l’objet d’un stigma social lorsqu’ils ont commencé à être verticaux, au 15e siècle, c’est-à-dire au moment où ils n’indiquaient plus nécessairement une exclusion, mais plutôt une subordination.

Au fil des siècles, les rayures sont devenues de plus en plus populaires et diversifiées, et elles sont apparues dans une foule de domaines, dont la marine.

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