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Patrick Masbourian
Audio fil du jeudi 7 juin 2018

La psychothérapie, plus efficace que la médication chez les enfants

Publié le

Un jeune adulte recroquevillé sur lui-même, seul devant un grand mur grisâtre.
Les recherches démontrent que la psychothérapie est aussi efficace que la médication à court terme, mais plus efficace que celle-ci à moyen et long terme.   Photo : Radio-Canada

Bien que les médicaments aient leur utilité, les recherches les plus récentes tendent à démontrer que la psychothérapie est plus efficace à moyen ou à long terme pour les enfants qui ont des problèmes de santé mentale ou des troubles d'apprentissage, selon le psychologue Nicolas Chevrier. Le trouble du déficit de l'attention (TDA), quant à lui, fait exception à cette règle.

D'emblée, il est important de préciser que chaque cas en santé mentale est unique et que les grands principes généraux ne s'appliquent pas à tout le monde. Chaque enfant a ses particularités, sa personnalité, son propre milieu de vie, ses défis et ses forces.

Psychothérapie et pharmacothérapie

La psychothérapie est un traitement psychologique qui a pour but de favoriser des changements dans le fonctionnement cognitif, émotionnel, comportemental ainsi que dans le système interpersonnel, la personnalité ou la santé du patient. Seuls un psychologue, un médecin ou un psychothérapeute peuvent pratiquer la psychothérapie.

La pharmacothérapie est un traitement pharmacologique (à partir de médicaments) qui poursuit les mêmes objectifs et qui est prescrit par un médecin.

Dans les deux cas, l’efficacité du traitement doit avoir été validée grâce à une méthodologie scientifique. Les recherches démontrent que la psychothérapie est aussi efficace que la médication à court terme, mais plus efficace que celle-ci à moyen ou à long terme.

Pour une grande majorité de patients, la psychothérapie devrait être le premier moyen d’intervention lorsque l’individu est dans une situation de détresse intense.

Pour les enfants atteints de problématiques dites cliniques (phobie sociale, trouble anxieux généralisé, trouble obsessionnel-compulsif, etc.), il est recommandé de commencer le traitement par une psychothérapie et, si l'on ne voit pas d’amélioration significative, l'on peut ensuite diriger le patient vers un médecin qui pourra alors décider de prescrire des médicaments.

Par contre, c’est bien important de souligner que, dans le cas des enfants, les guides de bonnes pratiques recommandent également des interventions que l'on dit multimodales. Ces interventions impliquent des actions auprès des parents […] et dans le milieu scolaire.

Nicolas Chevrier, psychologue

Une exception pour le trouble du déficit de l'attention

Le cas du TDA (avec ou sans hyperactivité) est différent à certains égards. De manière générale, l'aspect multimodal de l’intervention sera aussi, et peut-être même plus, important qu’avec des enfants qui souffrent de syndromes cliniques.

Le TDA est une problématique neuropsychologique, c'est-à-dire qu'une région spécifique du cerveau est sous-stimulée. La médication qui est prescrite à l’enfant n’a pas le même objectif que pour un problème clinique; elle sert plutôt à pallier un déficit.

Comme me disait une collègue psychologue : “C’est la différence entre apprendre à marcher [à quelqu'un], où l'on est plus dans un mode de psychothérapie, et fournir une prothèse à quelqu'un à qui il manque une jambe. Dans ce dernier cas, il y a une médication qui est donnée et une psychothérapie qui doit être fournie.”

Nicolas Chevrier, psychologue

Le psychologue recommande de toujours consulter les bons spécialistes, que ce soit des psychologues scolaires, des neuropsychologues ou un médecin de famille dont le travail consiste à évaluer les troubles d’apprentissage et à prescrire le traitement nécessaire. Il faut aussi mettre de côté ses propres préjugés envers la médication, entre autres, et poser des questions aux professionnels.

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