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Patrick Masbourian
Audio fil du lundi 23 avril 2018

Pour expliquer la mort aux enfants, soyez francs

Publié le

Une famille endeuillée sur un sentier se rend à des funérailles. Les deux enfants et les deux adultes tiennent tous une rose à la main. On ne voit pas leurs visages.
Il faut être honnête avec les enfants quand il est question de mort et de deuil.   Photo : iStock

Parler de la mort avec les enfants est un sujet délicat. Selon la psychologue Édith St-Jean-Trudel, que ce soit lors de la disparition d'un proche ou d'un animal de compagnie, il faut rapidement aborder la question de façon honnête et répondre à toutes leurs interrogations. Elle donne des conseils pour aborder le sujet du deuil, peu importe leur âge.

Ne pas attendre et faire rapidement l'annonce
La mort de quelqu’un qui fait partie de notre vie induit inévitablement une souffrance, et on se sent souvent impuissant pour faire face à cette réalité. Les adultes veulent protéger les plus petits, mais il est important de parler du décès rapidement avec ces derniers pour éviter l’angoisse ou la frustration. « Il ne faut pas attendre, les enfants se rendront compte que quelque chose a changé. De plus, il y a un risque qu’ils l’entendent de quelqu’un d’autre ou qu’ils surprennent une discussion. » La psychologue ajoute qu’il est nécessaire d’aviser tous les enfants d’une famille en même temps, parce que sinon cela pourrait entraîner de la frustration ou de la jalousie.

Comment parler de deuil avec les enfants
« On part des connaissances de l’enfant. De 8 à 10 ans, les enfants commencent à avoir une idée précise de la mort. Avant cet âge, ils peuvent penser que ce ne sont que les méchants qui meurent, comme dans les films. Dans les jeux vidéo, les vies sont renouvelables, on meurt comme si de rien n’était. Il faut donc s’attarder au niveau cognitif de l’enfant. » Pour savoir quelles sont les connaissances de l’enfant sur le sujet, on doit poser des questions. « On peut lui demander ce qu’il connaît de la mort et partir de là pour procéder à l’annonce. »

Il faut laisser l’enfant poser des questions, et il se peut qu’elles surviennent quelques jours après l’annonce. Il se peut que l’enfant pose des questions techniques sur la façon dont les choses se sont passées. Même s’il veut savoir comment une personne s’est suicidée ou comment un accident est arrivé, il faut répondre à ses interrogations. « C’est pire de laisser libre cours à son imagination, que de lui dire la vérité. »

Selon Édith St-Jean-Trudel, pour aider l’enfant à vivre son deuil, il faut continuer la routine, voire la respecter encore plus rigoureusement. On doit également le faire participer aux rituels funéraires qui suivront la mort.

On peut tout dire, mais il faut faire attention à l’âge de l’enfant. Il y a des mots à éviter.

« Il est parti pour un long voyage » 
: quand le temps des vacances estivales approche, cela peut devenir angoissant et cela donne aussi l’impression qu’il peut revenir.
« Un long sommeil » ou « s’endormir » : l’enfant peut avoir peur quand vient le temps de dormir.

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