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La vie a un prix, et les pharmacoéconomistes l'ont calculé

Les éclaireurs

Avec Patrick Masbourian

La vie a un prix, et les pharmacoéconomistes l'ont calculé

Audio fil du samedi 7 mai 2016
Une femme qui a perdu ses cheveux montre son crâne sous sa tuque

Photo : iStock

L'idée que la vie n'a pas de prix fait partie de la sagesse populaire. Dans les faits, les assureurs, gouvernements et économistes ont pourtant des calculs très précis pour déterminer la « valeur statistique de la vie », une donnée qui est utilisée notamment pour déterminer si un médicament coûteux est remboursé par l'État. Une pratique qui soulève de plus en plus de questions éthiques dans un contexte d'austérité budgétaire, explique la journaliste scientifique Dominique Forget. 

Il existe plusieurs mesures statistiques complexes pour mesurer la « valeur » de la vie. Dans le domaine de la santé, les spécialistes se réfèrent au QALY (quality adjusted life year), qui calcule la valeur d'une année de vie en bonne santé. C'est à partir de cette mesure que l'on déterminera si un médicament est remboursé par le régime public ou non. 

« De façon générale, s’il faut payer moins de 50 000 $ par année pour maintenir un patient en bonne santé, le médicament est remboursé par l’assurance maladie, explique Dominique Forget. S’il excède ce seuil, il ne sera pas nécessairement remboursé. » Si cette logique économique peut sembler froide et inhumaine, elle permet néanmoins de faire des choix plus justes et équitables dans l'allocation des ressources. « Si on rembourse un médicament à 100 000 $ par personne et qu'il n'apporte, finalement, que peu d'amélioration à leur état, c'est de l'argent qu'on n'investit pas dans une nouvelle urgence, par exemple, qui pourrait servir beaucoup de gens. »

L'exemple de l'hépatite C
Depuis 2014, de nombreux médicaments révolutionnaires sont arrivés sur le marché. Ils permettent même, dans certains cas, de guérir les patients atteints d'hépatite C. Or, un médicament, le Harvoni de la compagnie Gilead, coûte près de 100 000 $ par traitement de 12 semaines.

Dans ce cas précis, plutôt que de refuser de couvrir le médicament malgré son coût prohibitif, l'Institut national d’excellence en santé et en services sociaux, responsable de produire les analyses pharmacoéconomiques au Québec, a proposé une solution de compromis. L'accès aux médicaments a été étalé sur six ans, de manière à amortir la facture qui pourrait, autrement, mettre en péril le régime public d'assurance médicament. 

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