•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Comment les figures politiques utilisent la mode à des fins diplomatiques

Les éclaireurs

Avec Patrick Masbourian

Comment les figures politiques utilisent la mode à des fins diplomatiques

Audio fil du samedi 23 avril 2016
Michelle Obama a suscité la controverse en choisissant de rencontrer les dirigeants saoudiens sans voile.

Michelle Obama a suscité la controverse en choisissant de rencontrer les dirigeants saoudiens sans voile.

Photo : PC

Les choix vestimentaires peuvent sembler superficiels lorsqu'on a un État à diriger. Or, explique Madeleine Goubau, rien n'est laissé au hasard. Des chaussures de Sophie Grégoire à la tête découverte de Michelle Obama en passant par les chemises en batik de Nelson Mandela, les vêtements servent à passer des messages diplomatiques qui sont loin d'être anodins.  

Ce n'est pas d'hier que les tenues des monarques et des politiciens sont dans l'oeil du public. L'explosion des blogues et des comptes de médias sociaux consacrés aux choix vestimentaires leur a toutefois donné un écho sans précédent. « Du coup, tout est étudié, réfléchi », constate la chroniqueuse mode. Les habits, au coeur de l'image projetée par les gens d'État, s'inscrivent dans différentes stratégies politiques. 

Promouvoir l'identité nationale
L'approche la plus fréquente consiste à donner de la visibilité aux créateurs de son pays d'origine afin de promouvoir l'industrie nationale de la mode. 

Sophie Grégoire-Trudeau a profité de son passage à la Maison-Blanche pour porter une robe du designer torontois Lucian Matis, ce qui a largement contribué à faire connaître le créateur canadien. Elle y a joint un sac à main de chez Aldo. « Plusieurs premières dames vont aussi porter des marques plus abordables, précise Madeleine Goubau, pour montrer qu'elles sont près des gens. » 

Sophie Grégoire-Trudeau a porté une robe du designer torontois Lucian Matis lors de son passage à la Maison-Blanche.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sophie Grégoire-Trudeau a porté une robe du designer torontois Lucian Matis lors de son passage à la Maison-Blanche.

Photo : Kevin Lamarque / Reuters

Rendre hommage au pays hôte
Le fait de porter des vêtements de créateurs du pays hôte peut constituer un geste de bienveillance diplomatique. La princesse Kate Middleton l'a bien réussi lorsqu'elle a revêtu une robe de la créatrice indienne Anita Dongre. La robe s'est écoulée à la vitesse de l'éclair et le site web de la designer est tombé en panne tant il a connu une popularité soudaine. 

La duchesse de Cambridge porte une robe de la créatrice indienne Anita Dongre lors d'un match de cricket amical à Mumbai. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La duchesse de Cambridge porte une robe de la créatrice indienne Anita Dongre lors d'un match de criquet amical à Mumbai.

Photo : Indranil Mukherjee/Reuters

Une façon de combiner les deux stratégies est de porter un vêtement qui reflète à la fois la culture locale et celle d'origine. « Michelle Obama est experte en la matière! » remarque Madeleine Goubau. Lors de la visite du premier ministre japonais en sol américain en avril 2015, elle portait une création de Tadashi Shoko, designer japonais établi aux États-Unis. 

Idem au dîner de la Maison-Blanche en compagnie de Justin Trudeau et de Sophie Grégoire-Trudeau, où la première dame américaine a enfilé une robe de Jason Wu, designer d'origine canado-taïwanaise désormais installé à New York. 

Barack et Michelle Obama ont accueilli le couple Trudeau-Grégoire pour le dîner d'État, jeudi soir, à la Maison-Blanche.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Barack et Michelle Obama ont accueilli le couple Trudeau-Grégoire pour le dîner d'État, jeudi soir, à la Maison-Blanche.

Photo : J. Scott Applewhite

Adopter les coutumes locales
Du côté des hommes, la pratique la plus courante est d'opter pour des vêtements traditionnels du pays hôte. Ainsi, on verra des dignitaires étrangers arborer le chapeau et les bottes de cowboy lors de leur passage au Stampede de Calgary. Le non-respect de ces traditions peut également faire passer un message diplomatique très fort, comme lorsque Michelle Obama s'est rendue en Arabie saoudite sans se couvrir la tête d'un voile

Evo Morales, jeudiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Evo Morales, jeudi

Photo : David Mercado / Reuters

Rappeler ses origines
D'autres choisiront d'adopter des tenues qui rappellent leurs origines culturelles ou sociales. C'est le cas d'Evo Morales, premier président autochtone de la Bolivie, dont les tenues à 10 $ sont décrites comme un acte de sincérité, un hommage à ses racines et une incarnation visuelle de ses politiques populaires. 

Le président Morales figure d'ailleurs dans un palmarès des cinq personnalités politiques utilisant la mode comme instrument diplomatique (Nouvelle fenêtre), aux côtés de Narendra Modi, premier ministre de l'Inde dont les chemises sont tellement connues qu’elles ont même leur propre mot-clic sur Twitter, #ModiKurta. 

Le premier ministre indien Narendra Modi et le président américain Barack ObamaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre indien Narendra Modi et le président américain Barack Obama

Photo : Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi

  • Bain libre

  • Tout un matin