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Patrick Masbourian
Audio fil du lundi 19 mars 2018

Le financement public des écoles privées, un frein à la croissance économique

Publié le

Des élèves travaillent à l'ordinateur.
Des élèves travaillent à l'ordinateur.   Photo : iStock

« Encourager ce système-là est, économiquement, une très mauvaise idée pour des raisons de finances publiques — nous finançons collectivement ces écoles-là — et pour des raisons de développement économique. » L'économiste Ianik Marcil livre un plaidoyer pour mettre fin au financement des écoles privées par le gouvernement québécois.

C’est au Québec qu’il y a le plus d’élèves inscrits au privé au primaire et au secondaire. On y compte 125 000 élèves, soit une proportion de 12,7 %. Au Nouveau-Brunswick, c’est moins de 1 %. La moyenne canadienne est de 6 %.

Cinq provinces financent les établissements scolaires privés : le Québec, le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique.

Le financement des écoles privées du Québec

« Si on se concentre sur le cas québécois, sur les 10 milliards de dollars consacrés à l’éducation primaire et secondaire, environ 500 millions sont destinés aux écoles privées. C’est substantiel, 500 millions. Ce n’est pas marginal », affirme l’économiste.

En ce qui a trait spécifiquement au secondaire, les données de 2016 révèlent que 20 % des jeunes Québécois vont au privé. Dans les régions urbanisées, comme à Montréal et à Québec, cette proportion monte à 40 %.

Selon Ianik Marcil, « on a un cas de figure très particulier au Québec, qui a des conséquences assez importantes, d’autant que 40 % du financement des écoles privées vient du gouvernement. Ce n’est pas rien. »

Il y a un soutien public à une initiative privée énorme. On s’énerve pour Bombardier. On s’énerve pour plein de soutien privé, mais là, on en a un qui est vraiment très grand et ça pose problème pour plein de raisons.

Ianik Marcil
Graphique tiré d'un rapport de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques sur le financement des écoles privées au Québec
Graphique tiré de la note socioéconomique L’austérité en éducation : les écoles privées sont-elles réellement désavantagées?, de l'IRIS   Photo : Institut de recherche et d'informations socio-économiques

Un financement qui crée des inégalités

L’économiste dégage de son raisonnement deux raisons pour lesquelles le financement public des écoles privées est problématique.

La première réside dans le fait que, en grande majorité, les écoles privées n’accueillent pas les élèves qui présentent des difficultés ou très peu. Le fardeau de prendre en charge ces élèves qui demandent plus de ressources revient sur l’ensemble de la collectivité dans les écoles publiques.

La deuxième, qui lui apparaît comme la plus fondamentale, est liée aux effets de cet élitisme. « Étant donné que l’on accueille dans le privé uniquement que les meilleurs élèves, puisqu’on rejette ceux et celles qui ont des difficultés, on perpétue les inégalités, poursuit-il. On perpétue ces différences entre les enfants. »

« Sur le plan strictement économique, c’est nuisible, parce qu’on sait que les inégalités économiques créent des distorsions dans l’économie et de la volatilité, et empêchent la croissance économique », conclut l’économiste.

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