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Patrick Masbourian
Audio fil du samedi 19 mars 2016

La cyberdépendance, une maladie qui se traite

Publié le

Magali Dufour, directrice des programmes d'intervention en toxicomanie à l'Université de Sherbrooke
Magali Dufour, directrice des programmes d'intervention en toxicomanie à l'Université de Sherbrooke   Photo : Radio-Canada/Stéphanie Dufresne

La dépendance à Internet est souvent traitée à la légère comme un phénomène de société répandu. Il s'agit pourtant d'un véritable trouble de dépendance, qui s'apparente en beaucoup de points aux dépendances aux drogues ou à l'alcool. Magali Dufour, directrice des programmes d'intervention en toxicomanie à l'Université de Sherbrooke, a mené une des rares études cliniques sur le sujet. Elle constate qu'environ 1,5 à 2 % de la population en souffre. 

Les gens passent en moyenne 25 heures par semaine sur Internet. Les adolescents qui souffrent de cyberdépendance peuvent y consacrer de 40 à 60 heures, un chiffre qui monte à 66 heures pour les adultes. La cyberdépendance n'est toutefois pas qu'une question d'heures. « Ça doit impliquer une obsession, une compulsion et des conséquences significatives sur le reste de la vie, le travail, l'école, les relations hors ligne », explique Magali Dufour. Les cyberdépendants vont même délaisser leur hygiène corporelle et écourter leurs nuits de sommeil. 

Un diagnostic dans une zone grise
Le diagnostic de cyberdépendance n'est pas encore entièrement reconnu sur le plan médical. « On joue dans une zone très grise. Il fait partie des diagnostics à l'essai dans le DSM-V [Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders], qui se concentre davantage sur les jeux en ligne. » Il existe un instrument de mesure, intitulé le Internet Addiction Test, qui a été validé par un chercheur suisse. Toutefois, le défi de fixer un diagnostic provient notamment du fait que les chercheurs essaient de mesurer un phénomène qui est en train de se produire. « Par exemple, explique Magali Dufour, une des questions demandait si la personne regarde son appareil en se levant le matin. Aujourd'hui, tout le monde fait ça! Il faut repenser nos questions pour refléter un plus grand degré d'intensité. »

Des traitements qui fonctionnent
Les études menées par Magali Dufour et ses collègues ont permis de faire quelques constats sur les traitements de la cyberdépendance. « C'est clair que comme les jeux de hasard et d'argent, on ne peut pas appliquer un seul modèle, il y a des spécificités », précise la chercheuse. Les recherches ont également conclu que certaines stratégies utilisées pour traiter les dépendances aux substances fonctionnent bien avec les cyberdépendants, comme le fait de comprendre la fonction que joue la dépendance dans leur vie ou de mettre en place des mesures pour prévenir les rechutes. 

Les Centres de réadaptation en dépendance offrent des renseignements et ressources sur les dépendances, incluant la cyberdépendance. 

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