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Patrick Masbourian
Audio fil du mardi 20 février 2018

Accès à un médecin : c'est loin de s’améliorer, dit un omnipraticien

Publié le

Un patient avec son médecin de famille
Un patient avec son médecin de famille   Photo : iStock

« Présentement, les politiciens clament qu'on a jamais eu autant de médecins. Je ne veux pas être prophète de malheur, mais je crois que les choses vont empirer », dit le Dr Simon-Pierre Landry, omnipraticien travaillant à l'hôpital Laurentien de Sainte-Agathe-des-Monts. Selon lui, la hausse des cohortes médicales n'arrivera pas, à court ou à moyen terme, à améliorer la situation de l'accès à un médecin, au Québec comme au Canada.

Le vieillissement de la population et la hausse de la consommation des soins - même les patients en santé consultent un médecin plus souvent que ceux des générations précédentes - font en sorte que l’accès à un médecin sera de plus en plus difficile dans les années à venir, note l’omnipraticien.

Selon lui, d’autres professionnels de la santé devront inévitablement venir en renfort pour effectuer des tâches plus simples, autrefois accomplies par les médecins. « On peut penser à des infirmières, dans les régions isolées, qui ont le droit de poser des diagnostics », donne Simon-Pierre Landry en exemple.

Aussi, les gouvernements seront obligés de former plus de médecins généralistes polyvalents et moins de spécialistes pour donner plus de soins à moindres coûts, surtout pour répondre aux besoins dans les régions rurales, ajoute l’omnipraticien.

Le cas du Québec, un système non gérable
En matière de répartition des ressources médicales au Canada, le Québec fait un peu bande à part, note Simon-Pierre Landry, en ce sens qu’il s’agit de la seule province où le ministère de la Santé et des Services sociaux dicte où les médecins vont travailler.

C’est le ministère qui autorise ou non un médecin à pratiquer dans une région. C’est ce même ministère, ainsi que l’administration régionale, qui décident ensuite du type de pratique que le médecin exercera.

Le Dr Simon-Pierre Landry
Le Dr Simon-Pierre Landry Photo : Radio-Canada/Pascal Michaud

Dans le reste du Canada, notamment en Colombie-Britannique, le mode de gestion est plus décentralisé, libre et flexible. Les postes dans les hôpitaux sont affichés sur un site web, et les médecins qui souhaitent postuler pour un poste peuvent le faire de façon transparente.

Le problème avec la façon de fonctionner du Québec est qu’elle entraîne une opacité et une bureaucratie. [...] Et c’est un système incapable de s’ajuster rapidement.

Simon-Pierre Landry, omnipraticien

« Par exemple, quand j’ai fait une demande de remplacement, parce qu’un de mes collègues était atteint d’un cancer grave, ç’a pris tellement de temps à gérer ma demande que les fonctionnaires m’ont autorisé à recruter... deux ans plus tard! Ça, c’est juste pour l’autorisation : ça ne comprend même pas le temps de trouver un médecin », raconte-t-il.

Selon Simon-Pierre Landry, le système québécois est non gérable et il faudrait l’orienter vers le modèle britanno-colombien.

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