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L'aide médicale à mourir, oui, mais pas au lieu des soins palliatifs

Les éclaireurs

Avec Patrick Masbourian

L'aide médicale à mourir, oui, mais pas au lieu des soins palliatifs

Audio fil du mardi 23 janvier 2018
Quelqu'un tient la main d'un patient alité portant une jaquette d'hôpital.

Lorsque vous signez le formulaire de directives médicales anticipées, on présume que vous avez l’information pour prendre une décision éclairée, explique Audrey Ferron Parayre.

Photo : iStock

« Je fais partie de la majorité des médecins qui sont favorables à l'aide médicale à mourir. Je fais aussi partie de la majorité des médecins qui refusent de donner eux-mêmes l'aide médicale à mourir. » L'omnipraticien Simon-Pierre Landry donne les raisons derrière son refus de prodiguer l'aide médicale à mourir, citant notamment la charge émotive, le manque de formation et ses craintes que ses patients empruntent cette voie parce qu'ils ont peur que les soins palliatifs ne soient pas à la hauteur.

L'idée de donner la mort à un patient trouble le Dr Landry, dans la mesure où cette pratique est contre nature. Il oppose l'aide médicale à mourir à la transition entre des soins de réanimation et des soins palliatifs quand il est déterminé qu'un patient ne pourra pas être sauvé.

« Pour moi, le geste d’arrêter des gestes de réanimation et de donner des médicaments antidouleur, ça n’interfère pas avec le mystère de la vie. Quand je prends la décision d’arrêter les traitements [aux soins intensifs], ce n’est pas moi qui décide de l’heure du décès. Ce n’est pas moi qui vais arrêter à un moment précis le cœur. Dans mon for intérieur, c’est encore la nature qui décide du moment où l’être cesse biologiquement de vivre. Mon inconfort à donner l’aide médicale à mourir vient de là. »

Pour moi, la vie demeure un mystère. Je vis mal dans une société où je suis celui qui décide du moment exact où quelqu’un meurt.

Le Dr Simon-Pierre Landry

Écoutez l'entrevue avec l'éthicienne Marie-Ève Bouthillier sur son étude portant sur les raisons derrière le refus des médecins de prodiguer l'aide médicale à mourir

Plaidoyer pour un plus grand accès aux soins palliatifs à l'extérieur de l'hôpital

Pour l'omnipraticien, il ne fait aucun doute qu'il y a d'importantes défaillances dans le système de santé en ce qui a trait aux soins palliatifs. « Cette certitude d’une mort sans douleur s’écroule si l'on n’a pas accès à de bons soins palliatifs. » Il redoute que des patients optent pour l'aide médicale à mourir par peur de ne pas avoir accès à des soins palliatifs adéquats, grâce auxquels ils ne souffriront pas et ne seront pas un fardeau pour leurs proches pendant leurs derniers jours.

Estimant que le « Canada pourrait faire beaucoup mieux en termes de soins palliatifs », le Dr Landry déplore que les médecins manquent d'infirmières et de préposés aux bénéficiaires pour assurer des visites à domicile, dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et dans les hôpitaux. Par exemple, des soins palliatifs sont donnés à l'urgence qu'il dirige dans les Laurentides, faute de lits à l'étage pour ces soins.

« L’accès aux soins palliatifs à domicile est beaucoup trop faible. Plusieurs patients meurent à l’hôpital, parce qu’ils n’arrivent pas à obtenir des soins palliatifs à domicile. Pourtant, les soins palliatifs sont très simples à donner technologiquement. L'aide médicale à mourir ne doit pas être une façon d’éviter d’investir dans l’organisation des soins palliatifs. On veut que le patient ait le choix », conclut-il.

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