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Patrick Masbourian
Audio fil du mardi 20 juin 2017

Pourquoi certaines personnes attirent-elles plus les moustiques que d'autres?

Publié le

La journaliste scientifique Marianne Désautels-Marissal explique que plus on dégage de CO2, plus on a de chances d'attirer les moustiques.
La journaliste scientifique Marianne Désautels-Marissal explique que plus on dégage de CO2, plus on a de chances d'attirer les moustiques.   Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Les précipitations abondantes et les crues printanières exceptionnelles risquent de faire de 2017 une année record pour les moustiques. La journaliste scientifique Marianne Désautels-Marissal explique pourquoi nous ne sommes pas tous égaux face à eux.

Le CO2 les appâte
Marianne Désautels-Marissal souligne que malgré sa taille, le moustique est l’animal le plus meurtrier du monde, en étant le vecteur de maladies tropicales comme la malaria ou le virus zika. Ce sont des femelles enceintes qui piquent les humains. Précisément celles qui viennent d’être fécondées et qui cherchent du sang pour apporter des acides aminés aux œufs qu’elles s’apprêtent à pondre.

C’est en sentant le CO2 que les femelles initient leur quête de sang, activant ensuite leur vue et leur capacité à détecter les variations de chaleur. En raison de ce troisième aspect, les vêtements à couleurs claires sont à privilégier l’été, car les plus foncés absorbent plus de chaleur et les attirent donc plus sur nous.

Injustice génétique face aux moustiques
Environ 20 % de la population aurait un potentiel de séduction élevé auprès des femelles moustiques, indique Marianne Désautels-Marissal. Des scientifiques anglais ont étudié le phénomène en 2015 et ont observé que les jumeaux identiques ont un potentiel d’attraction similaire, alors que ce n’est pas nécessairement le cas des jumeaux non identiques. Selon cette étude, plus de 65 % des variations du potentiel d’attraction pour les moustiques entre chaque personne seraient dues à notre génétique.

Les bactéries et les champignons qui se trouvent sur notre peau sont en grande partie déterminés par notre génétique, et comme notre odeur corporelle est une signature qui est en grande partie déterminée par ce microbiome propre à chacun, le chercheur britannique Tim Spector fait l’hypothèse que c'est en grande partie notre microbiome qui nous rend plus ou moins attirants pour les moustiques.

D’autres facteurs facilitent le travail des moustiques. Les personnes plus corpulentes produiraient plus de CO2 et seraient donc des cibles de choix. D’autre part, lorsque l’on fait du sport, le corps produit de l’acide lactique et la sueur dégage des substances alléchantes pour le moustique. Boire une bière pourrait aussi charmer les moustiques, selon quelques études.

Par contre, l’ail ou les prises de vitamines n’ont pas d’effet d’attraction sur les moustiques, et sont donc de l’ordre du mythe.

Références :
« Mosquitoes Use Smell to See Their Hosts », Jessica Stoller-Conrad, Caltech, 16 juillet 2015 (en anglais)
« Chemical attraction: why mosquitos zone in on some people, but not others », Tim Spector, The Conversation, 24 avril 2015 (en anglais)
« Landing preference of Aedes albopictus (Diptera: Culicidae) on human skin among ABO blood groups, secretors or nonsecretors, and ABH antigensm », Shirai Yi, Funada H, Seki T, Morohashi M, Kamimura K., PubMed, juillet 2004 (en anglais)


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