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Isabelle Craig
Audio fil du mercredi 14 juin 2017

L'usage social délicat des mots pour décrire la vieillesse

Publié le

Ignace Olazabal, professeur associé au département d’anthropologie de l’Université de Montréal
Ignace Olazabal, professeur associé au département d’anthropologie de l’Université de Montréal   Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Il y a un écart important entre la façon publique et la façon privée de nommer la vieillesse, explique Ignace Olazabal, professeur associé au Département d'anthropologie de l'Université de Montréal et responsable des programmes au sein de la Fédération d'éducation permanente (FEP). Il donne les raisons pour lesquelles des mots tolérés hier ne le sont plus désormais.

« Personnes âgées » en public, « vieux » en privé
Les termes à utiliser pour désigner les personnes âgées sont à manier avec précaution, comme l’explique Ignace Olazabal. En 2017, deux d’entre eux sont convenables socialement selon lui, c’est-à-dire utilisés dans l’espace public, pour nommer les personnes qui franchissent le cap des 65 ans.

Tout d’abord, l’expression « personne âgée » est « relativement vague et […] faiblement connotée ». L’autre choix, l’expression « aîné », est « connotée de la façon la plus positive qui soit ». Elle suggère une prépondérance sociale des plus vieux sur les plus jeunes, issue des anciennes sociétés de chasseurs-cueilleurs dans lesquelles les anciens étaient vénérés. En France et aux États-Unis, on préférera le terme « senior ».

Quant au mot « vieux », il est utilisé dans la sphère privée. Plus péjoratif, le terme vieillard choque désormais, alors qu’il n’y avait pas d’objection à son usage public il y a 30 ans. Et la FADOQ (historiquement Fédération de l’Âge d’Or du Québec) est devenue Réseau FADOQ, éliminant toute référence à l’âge d’or.

Plusieurs âges de la vieillesse
Selon Ignace Olazabal, une des raisons pour lesquelles certains termes sont désormais jugés démodés ou inappropriés, c’est parce qu’avec l’allongement de la durée de vie, on vit désormais de multiples étapes de la vieillesse. Ainsi, plusieurs âges de la vieillesse coexistent et ne renvoient pas aux mêmes réalités ni à la même autonomie pour les individus.

Le mot « vieux », ou « vieille », a mauvaise presse à tort, selon M. Olazabal. L’expression « mon vieux chum » suggère que le terme « vieux » peut aussi être considéré d’une manière plus positive.

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