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Patrick Masbourian
Audio fil du lundi 29 avril 2019

Le bas de nylon, victime de l’obsolescence programmée

Publié le

Une maille est si vite arrivée!
Une femme constate une maille dans son bas de nylon droit.   Photo : iStock / jjpoole

« C'est tellement un petit objet anodin, et on dirait qu'on ne se formalise pas du fait qu'on doive le jeter, vu que ce n'est pas cher, mais en réalité, ce n'est pas biodégradable », note la journaliste spécialisée en mode Madeleine Goubau à propos du bas de nylon, ce vêtement si fragile qui fait principalement rager les femmes. À l'image de nombreux appareils électroniques, il semble que le collant soit aussi touché par le phénomène de l'obsolescence programmée.

Pourtant, le bas de nylon n’a pas toujours été si fragile. Dans les années 1950, il était plutôt résistant, si bien « qu’on se donnait la peine d’aller voir la couturière quand il y avait un trou dedans pour le faire réparer, une chose qu’on ne ferait évidemment jamais aujourd’hui ».

Or, les dirigeants de l’entreprise Dupont, à qui l'on doit le bas de nylon, auraient, dans les années 1950, ordonné à leurs chimistes de rendre le nylon moins solide pour que des mailles s’y forment plus facilement, afin que les consommatrices en achètent plus régulièrement.

Faut-il pour autant voir derrière l’histoire du bas de nylon une quelconque théorie du complot? « Peut-être que c’est vrai », note Madeleine Goubau, parce que c’est quand même une époque où l'on a observé ce phénomène-là dans d’autres industries, cette volonté de rendre les objets plus éphémères pour favoriser la production industrielle, pour favoriser l’emploi, pour favoriser une sorte de croissance économique sans fin. »

Selon Madeleine Goubau, qui s’est entretenue avec Jennifer Braun, de l’entreprise Rachel, spécialisée dans les collants de fantaisie, les vêtements en général sont plus fragiles qu’avant.

Qu’on achète une paire de jeans ou un chandail de laine, peu importe ce qu’on achète : c’est plus fragile, ça coûte moins cher, ça dure moins longtemps. Ce n’est pas qu’un phénomène [lié au] nylon.

Madeleine Goubau, journaliste spécialisée en mode

Le denier fait foi de tout

Ces jours-ci, il est tout de même possible de se procurer un bas de nylon résistant, comme l'explique Madeleine Goubau.

Ce qu’il faut regarder, c’est le denier du collant. […] Plus le denier est bas, plus le collant va être fin, transparent et fragile. À l’inverse, plus le denier est élevé, plus le collant va être épais, opaque et résistant. Donc, ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est qu’à denier égal, peu importe combien l'on paie, les bas de nylon partagent assez invariablement la même fragilité, qu’on les ait achetés en pharmacie ou chez Ogilvy.

Madeleine Goubau, journaliste spécialisée en mode

Le denier est une unité de mesure qui indique combien de grammes de matière sont utilisés pour produire 9000 mètres de fil servant à la confection du bas de nylon. Généralement, l’information est inscrite sur l’emballage de ce vêtement. Les consommatrices ont donc facilement accès à cette information.

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