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Patrick Masbourian
Audio fil du mercredi 24 avril 2019

La déconstruction, une solution de rechange écologique à la démolition

Publié le

Une pelle mécanique détruit un bâtiment.
Un édifice est détruit par une pelle mécanique.   Photo : iStock

« Je veux mettre la hache dans la boule de démolition pour parler de déconstruction. [...] Au Québec, c'est naissant. Aux États-Unis, c'est une industrie. [...] On défait les édifices étage par étage, couche par couche, pour récupérer les matériaux », explique Diane Bérard, chroniqueuse économique, à propos de la tendance observée depuis une trentaine d'années chez nos voisins du sud. Dans la Belle Province, la déconstruction commence à faire son bout de chemin, notamment grâce au programme Matériaux sans frontières, mis sur pied par l'organisme Architecture sans frontières Québec.

Ce programme de récupération, de redistribution et de revente de matériaux de construction neufs et usagés, mis sur pied il y a quelques années, repose sur le modèle d’affaires de l’économie circulaire. Une des stratégies principales du programme est l'émission de reçu de charité en échange de dons matériels déductibles d'impôts.

Selon Diane Bérard, la déconstruction est une véritable solution de rechange à la démolition, qui a été pendant très longtemps privilégiée sur les chantiers de construction.

« Avant les années 1930, on déconstruisait. Puis là, on a inventé la boule de démolition. [...] La boule de démolition, ça détruit un édifice, ça ne prend pas de temps. Sauf qu’évidemment, il ne reste pas grand-chose à sauver quand on entre une boule de démolition dans un édifice. Donc, après les années 1930, on s’est mis à démolir, et dans les années 1990, on s’est dit : “Oui, mais c’est beaucoup de gaspillage tout ça, tous ces matériaux qu’on laisse à l’abandon, qu’on va enfouir, parfois légalement, parfois illégalement, qu’on brûle...” »

Une boule de démolition
Il faut cesser d'utiliser la boule de démolition et opter pour la déconstruction, plaide Diane Bérard. Photo : iStock

Diane Bérard fait remarquer que tous les édifices sont faits de nombreux matériaux qui peuvent être récupérés, qu’il s’agisse de cuvette de toilette, de béton ou d’acier, par exemple.

On dit que les bâtiments en fin de vie sont des gisements où l'on peut puiser des matières premières qui peuvent être réutilisées. […] C’est une façon de voir le monde de la construction autrement.

Diane Bérard, chroniqueuse économique

En Amérique du Nord, certaines villes ont adopté une réglementation à propos de la déconstruction des édifices patrimoniaux. C’est le cas de la Ville de Portland, en Oregon, où un décret stipule que les édifices patrimoniaux doivent être déconstruits plutôt que démolis.

À Vancouver, un règlement datant de 2011 stipule que les immeubles construits avant 1940 doivent être déconstruits de telle sorte que 75 % de leurs matériaux soient recyclés ou réutilisés. Cette proportion grimpe à 90 % pour ce qu’on appelle les maisons de caractère.

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