Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Patrick Masbourian
Audio fil du mardi 5 mars 2019

Comment notre langue influence notre manière de voir le monde

Publié le

Le mot « bonjour » écrit en plusieurs langues sur un tableau d'école.
Le mot « bonjour » écrit en plusieurs langues.   Photo : iStock

« Les limites de ma langue sont les limites de mon monde », disait le philosophe Ludwig Wittgenstein. Comme l'explique l'orthophoniste Agathe Tupula Kabola, la langue que nous parlons explique certains de nos comportements économiques et émotionnels. Les Finlandais, par exemple, seraient de meilleurs épargnants que les Anglophones, parce que leur langue les invite à considérer le futur comme un moment proche.

Les exemples de ce genre sont nombreux, selon de récentes études.

La langue influence par exemple la perception de la famille. En français, par exemple, le mot « oncle » s'utilise très simplement pour désigner tout oncle, alors qu'en cantonais, il existe un mot pour chaque catégorie d'oncle : on n'utilise pas le même mot pour désigner le frère du père, celui de la mère, l'oncle par alliance ou par le sang, l'oncle plus âgé ou plus jeune que le père.

La langue traduit aussi notre vision du monde à partir de notre expérience très concrète du territoire. Les Inuits, qui vivent au nord polaire, ont environ 25 mots pour définir la couleur blanche, alors que certaines langues ne se soucient que peu des couleurs en général.

Les personnes bilingues, quant à eux, ont une perception différente du temps qui passe. Elles peuvent le penser en termes de volume ou de distance parcourue selon la langue utilisée. Par exemple, les locuteurs suédois et anglophones vont davantage se référer à des distances physiques et diront qu'ils doivent prendre une courte pause, tandis que les locuteurs espagnols préféreront les quantités physiques et exprimer la durée en volume. Ils diront plus volontiers qu'ils doivent prendre une petite pause.

Agathe Tupula Kabola, orthophoniste

Parler plusieurs langues influence aussi notre personnalité. Soumis au même test de personnalité dans les deux langues qu’ils parlent couramment, des locuteurs mexicains-américains se sont révélés davantage portés à l’extraversion, à l’autodiscipline et à la maîtrise de leurs émotions en anglais qu’en espagnol. Selon Nairan Ramírez-Esparza et ses collègues psychologues, ces différences reflètent les valeurs culturelles portées par chacune des deux langues.

Références :

Le bilinguisme, un atout dans son jeu, Agathe Tupula Kabola, publié aux éditions du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, 2016
« Could your language affect your ability to save money? », Keith Chen, publié sur le site web de TED, 2012
« Bilingual speakers experience time differently from people who only speak one language, study finds », Olivia Blair, publié sur le site web de The Independant, mai 2017
« Bilinguisme : comment la langue que nous parlons façonne notre personnalité », publié sur le site web de Courrier International, juillet 2017

Chargement en cours