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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 16 décembre 2018

L’humeur des villes et le goût du risque

Publié le

Une jeune femme avec des lunettes soleil sourit à grandes dents.
Selon les deux chercheurs, la bonne humeur collective est associée à une plus grande participation à la loterie.   Photo : Getty Images/iStock Photo / Merlas

En psychologie, les expériences en laboratoire ont montré que la bonne humeur nous rendait plus susceptibles de prendre des risques – et, notamment, de nous adonner aux jeux de hasard. Des chercheurs montrent aujourd'hui qu'à l'échelle d'une ville aussi, les moments de bonne humeur collective semblent gonfler notre goût du risque.

On peut le constater, anecdotiquement : les gens ont la mine sombre dans le métro un lundi matin glacial de février. Les passants dans la rue ont un air plus réjoui quand le soleil se présente au lieu des orages annoncés. Même chose pour les Montréalais, quand les Canadiens enfilent les victoires, alors qu’on s’attendait à ce qu’ils constituent la pire équipe de la Ligue nationale de hockey.

Mais comment cerner un objet aussi fuyant que l’humeur collective, soit la tendance à la positivité ou à la négativité marquées, à l’échelle d’une grande ville?

Le chercheur Ross Otto, professeur au Département de psychologie de l’Université McGill, a mis au point un moyen d’en avoir un aperçu, avec un collègue américain spécialiste des données massives et de l’intelligence artificielle.

À l’aide d’un modèle informatique complexe de son invention, le duo a passé au crible quotidiennement, pendant deux ans, les tweets des millions d’abonnés au réseau social de six grandes villes américaines. Ils ont ainsi obtenu un indice de positivité ou de négativité, sorte de « cote d’humeur » quotidienne pour chaque ville, chaque jour.

En éliminant les variations typiquement causées par la légèreté des fins de semaine, la grisaille des débuts de semaine et la joie des vacances des Fêtes, par exemple, ces données tirées de Twitter leur ont donné une mesure de l’humeur collective de ces villes.

Humeurs changeantes et prise de risque

Les chercheurs ont pu constater que les bonnes nouvelles inattendues étaient des déterminants importants des moments de bonne humeur marquée. En analysant les données météorologiques et l’activité des équipes sportives professionnelles locales, ils ont vu que les bonnes nouvelles inattendues, dans ces domaines, amélioraient la mesure de l’humeur collective qu’ils suivaient.

Ils ont ensuite mis la main sur les données des loteries des villes de Chicago et de New York, qu’ils ont comparées avec les fluctuations de l’humeur de ces communautés. Ces scientifiques ont pu trouver que la bonne humeur collective était associée à une plus grande participation à la loterie – une mesure accessible de la propension des gens à prendre des risques.

Il s’agit vraisemblablement d’une première mesure de l’effet de l’humeur sur la propension au risque, au sein de si vastes communautés. Évidemment, la représentativité des abonnés à Twitter, la sincérité de l’humeur exprimée sur cette plateforme et la diversité de déterminants qui influencent les choix individuels sont autant de bémols importants.

Or, c’est une fenêtre qui s’ouvre sur ce qui pourrait être un facteur important de la propension au risque. Les auteurs travaillent d’ailleurs, avec des données de la police de New York, à comprendre quel effet ces humeurs ambiantes pourraient avoir sur d’autres types de comportements à risque, comme le désordre public ou le vandalisme.

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