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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 11 mars 2018

Élire des scientifiques au Congrès américain?

Publié le

Collage opposant un flacon de laboratoire avec Donald Trump.
Pour contrer l’effet Trump, des scientifiques américains se mobilisent pour faire élire leurs semblables au Congrès lors des élections de mi-mandat en novembre 2018.   Photo : iStock/Talaj/Ouellet

Aux États-Unis, quelque 500 citoyens ayant étudié en sciences tentent d'obtenir un siège lors des élections de mi-mandat, qui se tiendront l'automne prochain. Ils souhaitent dénoncer les politiques de l'administration Trump en matière de sciences. Dans cette course à obstacles, leur principal allié est le comité d'action politique 314 Action, dont le nom fait référence au nombre pi. Cette organisation a été mise sur pied spécifiquement pour soutenir les candidats qui ont une formation scientifique et qui veulent faire le saut en politique.

Remettre la science au cœur du débat public
La pédiatre californienne Mai Khanh Tran est l’une des nombreuses candidates à avoir un profil scientifique. Elle tente d’obtenir un siège au Congrès et se lance dans l’aventure principalement pour que ses patients aient accès à des soins de santé de qualité et abordables. Elle ajoute qu’il faut s’appuyer sur des données probantes, lesquelles font défaut à l’administration Trump.

Mai Khanh Tran est aussi l’une des candidates vedettes de 314 Action. Créée en 2016, l’organisation fournit de l’aide financière, du soutien et de l’accompagnement à ces « candidats scientifiques ». Au total, 314 Action entend dépenser 5 millions de dollars à l’occasion des élections de mi-mandat. La présidente et fondatrice, Shaughnessy Naughton (qui est chimiste de formation), observe un changement de mentalité au sein de la classe scientifique.

Traditionnellement, je pense que la communauté scientifique ressentait du dégoût pour la politique. Mais depuis l’élection de Donald Trump, ce que j’entends de la part des scientifiques d’un peu partout aux États-Unis, c’est qu’il faut faire quelque chose. Et nous, nous offrons un véhicule à tous ces gens pour qu’ils puissent utiliser leur énergie, leur frustration et leur peur pour améliorer notre pays.

Shaughnessy Naughton, présidente et fondatrice de 314 Action

De nombreuses candidatures
Selon 314 Action, quelque 7000 personnes qui ont une formation scientifique ont manifesté leur intérêt. De ce nombre, des centaines sont officiellement déjà candidates, dont 60 qui tentent de se faire élire au Congrès, sur la scène fédérale. Selon Shaughnessy Cohen, c’est du jamais-vu. Ces gens ont un baccalauréat, une maîtrise ou un doctorat dans un domaine scientifique. Parmi eux se trouvent des ingénieurs, des médecins, des enseignants, des chercheurs… Ils viennent de différentes disciplines, des mathématiques au génie en passant par la science des volcans.

Une démarche efficace?
Daniel Marien, professeur de politique américaine à l’Université de Floride centrale, à Orlando, voit dans cette initiative quelque chose d’unique dans l’histoire du pays. Il est néanmoins sceptique quant à ses chances de succès.

Être un bon scientifique, ça demande des talents qui sont très différents de celui d’un bon candidat. Pour être un bon candidat, il faut parler aux gens dans des termes très simples. Il ne faut pas ennuyer les gens avec de longs raisonnements. Est-ce que les scientifiques vont être capables de s’adapter à ce nouvel environnement que sont les élections? Ce n’est pas évident.

Daniel Marien, professeur de politique américaine à l’Université de Floride centrale

Les élections de mi-mandat auront lieu en novembre prochain. Au congrès, tous les sièges de la Chambre des représentants sont en jeu, tout comme le tiers des sièges du Sénat. Les Américains devront aussi choisir une trentaine de gouverneurs, de nombreux maires et des élus au sein d’organisations scolaires.

Invités :

Shaughnessy Naughton, chimiste et présidente du Comité d’action politique 314 Action
Mai Khanh Tran, pédiatre et candidate aux élections de mi-mandat pour un siège au Congrès
Dominique Brossard, directrice du Department of Life Sciences Communication à l’Université du Wisconsin à Madison
Daniel Marien, professeur au Département de sciences politiques de l’Université de Floride centrale

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